L’établissement célèbre une cohorte nombreuse et un programme d’e-agriculture ambitieux. Avant de mesurer l’impact, il faut stabiliser les chiffres de base.
ICT University a tenu sa seizième cérémonie d’immatriculation le 30 octobre à Yaoundé. Cameroon News Agency titre sur plus de 850 nouveaux étudiants, puis évoque « près de 1 000 » dans son texte ; un autre compte rendu parle de plus de 500. L’écart ne change pas la dynamique de croissance, mais il montre pourquoi un établissement doit publier un chiffre administratif daté, distinguant admis, inscrits et présents.
La cérémonie a mis en avant Agricampus-500-ICT-U, programme d’e-agriculture lancé en 2025. Son promoteur avance un budget de 996 millions de FCFA sur cinq ans, 830 millions de revenus attendus et des ambitions allant jusqu’à 10 000 jeunes emplois, 10 000 étudiants touchés et 500 microentreprises rurales. Ces nombres sont des objectifs déclarés, non des résultats.
Ils doivent être reliés à un modèle économique, des partenaires, des parcelles et des indicateurs.
Le potentiel est réel : connecter informatique, données, production agricole et entrepreneuriat peut ouvrir des trajectoires professionnelles hors des seuls métiers de bureau. Mais la crédibilité viendra des cohortes diplômées, des entreprises encore actives, des revenus agricoles et de la part de femmes bénéficiaires. L’innovation universitaire mérite mieux qu’un récit de lancement : un suivi public qui accepte aussi les écarts entre promesse et terrain.









