Une pièce immobilisée dans un tiroir ne résout aucun problème de monnaie. L’objectif de la BEAC est donc moins de frapper du métal que de remettre le rendu exact au cœur des échanges ordinaires.
La Banque des États de l’Afrique centrale veut porter le nombre de pièces disponibles de 23 par habitant au 31 mai 2026 à 30 en 2030. Quelque 265 millions de pièces de la série 2024 seraient déjà en circulation. L’institution propose en outre l’échange gratuit des anciennes pièces dans ses agences. Le diagnostic est connu des usagers : dans les taxis, marchés ou boutiques, l’absence de petite monnaie transforme parfois le prix affiché en prix arrondi.
Le volume global ne suffit pas. Les pièces peuvent se concentrer dans les banques, les grandes surfaces ou les tirelires, tandis que les zones rurales et les petits commerces restent sous-approvisionnés.
Une stratégie efficace doit mesurer les flux par territoire et organiser des circuits de retour : dépôt simplifié pour les commerçants, approvisionnement des transporteurs et points d’échange accessibles. Le coût logistique doit être comparé au préjudice cumulé des arrondis subis par les consommateurs.
La montée du mobile money ne supprime pas le besoin de numéraire : frais, pannes, couverture et préférence des usagers maintiennent les deux systèmes côte à côte.
La BEAC gagnerait à publier la part des pièces effectivement actives, les zones de pénurie et la fréquence des échanges. Trente pièces par personne est une cible lisible ; le vrai indicateur sera la possibilité d’acheter au prix exact sans conflit ni produit imposé en guise de monnaie.









