Actualités of Tuesday, 3 November 2026

Source: L'Indépendant n°1078 du 2 novembre 2026

Blanchiment d'argent : une institution internationale montre la vraie face du Cameroun

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Le Groupe d'action financière (GAFI), organisation internationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, réunit la semaine dernière à Paris, a réexaminé sa liste de pays sous surveillance renforcée. Le GAFI a publié vendredi 30 octobre ses délibérations : la République démocratique du Congo et la Côte d'Ivoire ont été retirées de sa liste grise. Le Cameroun y est maintenu.

Vendredi 30 octobre, le GAFI a annoncé que la République démocratique du Congo et la Côte d'Ivoire ont été retirées de sa liste grise. C'était attendu, la Côte d'Ivoire sort de la liste grise du GAFI, elle y était inscrite depuis octobre 2024.

Une décision justifiée par le recours accru d'Abidjan à la coopération internationale dans ses enquêtes en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme et l'amélioration de la mise en œuvre de la surveillance des risques concernant les établissements financiers notamment, précise le Groupe d'action financière (GAFI).

Depuis son placement sur la liste grise du GAFI, la Côte d'Ivoire avait entrepris plusieurs réformes institutionnelles et règlementaires, rappelle notre correspondante à Abidjan, Fanny Noaro-Kabré.

Mais c'est leur mise en œuvre effective qui a fait la différence, estime Mariame Ibrahim Touré, experte en lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et ancienne membre du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) : « Sur les enquêtes, les poursuites ont été renforcées. Il y a eu des amendes qui ont été prononcées avec un montant avoisinant plus de 2 millions d’euros. Par rapport à l’identification des bénéficiaires effectifs derrière les entreprises, il y a eu une plate-forme interconnectée qui permet aujourd’hui d’avoir des informations exactes et actualisées en 24 heures quand c’est urgent, sinon 48 heures en temps normal ».

En sortant de la liste grise, la Côte d’Ivoire redore ainsi son blason. À court terme, cela devrait faciliter ses flux de capitaux, moins de vérifications seront désormais nécessaires. Et par la même occasion, rassurer les investisseurs dont le pays a besoin pour financer son plan national de développement 2026-2030 (PND).

La Côte d’Ivoire prévoit de mobiliser 170 milliards d’euros, dont 70 % doivent être portés par le secteur privé, rappelle le professeur titulaire d’économie Séraphin Yao Prao : « Là où la Côte d’Ivoire empruntait par exemple à un coût de peut-être 6.5, vous allez voir que la notation souveraine de la Côte d’Ivoire va être rehaussée, donc cela va faciliter l’attractivité économique de mon pays à pouvoir mobiliser les fonds nécessaires pour financer son plan national de développement ».

Toujours classée parmi les pays tiers à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme par la Commission européenne, la Côte d’Ivoire pourrait voir sa situation réexaminée suite à cette décision du GAFI.