Les rivalités entre réseaux d’influence au sommet de l’État camerounais ont également gagné la sphère privée de Maxime Eko Eko. Le lanceur d’alerte Paul Chouta affirme que Martin Savom aurait joué un rôle dans la promotion de la colonelle Vieron Bienvenue Émilienne, l’une des épouses d’Eko Eko, au poste de conseillère technique au SED.
Derrière les barreaux, les larmes ne sont plus seulement celles d'un homme déchu, mais celles d'un ex-maître espion terrassé sur son propre terrain : l'intime.
Plongé au cœur des turbulences de l'affaire Martinez Zogo, Maxime Eko Eko, membre du clan Bulu et ancien patron tout-puissant de la DGRE, vit une double tragédie. Alors qu'il fait face à la justice en prison, c'est l'effondrement de sa sphère privée qui consume ses derniers espoirs. En cause ? Une manœuvre de haut vol orchestrée par son rival, Martin Savom, membre du clan Nanga, qui lui a littéralement arraché l'une de ses épouses.
L'histoire a des allures de thriller géopolitique. La concernée de ce détournement d'influence n'est autre que la Colonelle Vieron Bienvenue Émilienne, officier supérieur de l'armée camerounaise et accessoirement quatrième épouse de l'ex-patron des services secrets - qui en compte pas moins de cinq, sans oublier les maîtresses.
Originaire de Nanga — tout comme Martin Savom, la première dame Chantal Biya et le secrétaire général de la Présidence Ferdinand Ngoh Ngoh —, Vieron Bienvenue Emilienne a vu sa carrière propulsée de manière spectaculaire. Partie de Douala, elle a été nommée Conseillère Technique au Secrétariat d'État à la Défense (SED) auprès de Galax Etoga, un homme de main de Ferdinand Ngoh Ngoh. C'est grâce au lobbying intense de Martin Savom au sein des réseaux d'influence de la Présidence de la Republique que cette promotion a vu le jour, illustrant à quel point les luttes de pouvoir se jouent jusque dans les sphères familiales.
La Vulnérabilité d'un "Jouisseur" au Cœur du Système
Pour les observateurs de la scène politique camerounaise, cette affaire met en lumière une faille béante dans la sécurité nationale. Comment le chef suprême du contre-espionnage a-t-il pu s'entourer d'une telle cour intime sans voir le piège se refermer? Notons que Eko Eko a officiellement cinq (5) épouses une travaille au ministère des finances chez Louis Paul Motaze, un membre influent du clan Bulu auquel appartient Eko Eko. Une autre, en occurrence, la colonelle Emilienne Abega Mbezoa épouse Eko Eko, était présidente du tribunal militaire de Yaoundé pendant plusieurs années. Elle a joué un rôle important dans la condamnation des prisonniers politiques à de très lourdes peines de prison.
Chaque femme est une porte par laquelle on pouvait passer pour infiltrer les services secrets. Une porte grande ouverte que Martin Savom a su emprunter avec brio. Le piège s'est refermé d'autant plus facilement que les connexions traversent les institutions : pour couronner le tout, l'épouse de Martin Savom elle-même, Essouma Balla Andrée Georgina, opère au sein de la redoutée Direction des Opérations de la DGRE.
Aujourd'hui, l'heure est au grand déballage. Entre rivalités claniques, réseaux d'influence présidentiels et infiltrations au sommet de l'appareil sécuritaire, la chute de Maxime Eko Eko ne relève plus seulement de l'affaire judiciaire : c'est la chronique d'un système où le pouvoir, les femmes et les secrets d'État formaient un cocktail aussi explosif que fatal.
Paul Chouta









