Le 22 et 23 octobre 2026 en Suisse, à Genève, le Cameroun n’a pas fait l’objet d’un procès pénal, mais a subi un examen de reddition de comptes par le Comité des droits de l’homme de l’Organisation des nations unies (ONU). Cet exercice périodique portait sur le sixième rapport périodique du pays concernant l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
La délégation camerounaise était conduite par Salomon Eheth, représentant permanent du Cameroun auprès des Nations unies à Genève. Les principaux sujets au cœur des échanges tournaient d’emblée autour de la crise dans les régions anglophones. Les experts de l’ONU ont, en effet, interrogé la délégation camerounaise sur les tensions entre francophones et anglophones dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, ainsi que sur les violations des droits de l'homme attribuées aux forces de sécurité et la gestion des détenus de cette crise.
Le jugement de civils par des tribunaux militaires, les cas de détentions arbitraires ou prolongées avant jugement et les conditions carcérales ont été vivement questionnés. La délégation a par ailleurs reconnu qu’il n’existait pas encore de loi spécifique protégeant les lanceurs d’alerte au Cameroun, indiquant qu’un cadre législatif était « à l’étude ».
Les discussions ont également mentionné la prescription de nombreux dossiers judiciaires. Autres dossiers sensibles : L'assassinat du journaliste Martinez Zogo, les violences liées au processus électoral de 2025, le traitement des minorités sexuelles et la lutte contre les discours de haine ont figuré parmi les points examinés. Il s'agissait d'un contrôle conventionnel par des experts indépendants et non d'une juridiction pénale internationale.
En amont de l'audition, un rapport alternatif conjoint de la société civile camerounaise avait été transmis au Comité pour documenter la situation sur le terrain entre 2016 et 2025. Le point central sera moins l’inventaire des lois que les réponses vérifiables : quelles garanties encadrent les arrestations et les détentions ? Comment les allégations d’abus sont-elles enquêtées ? Quelles juridictions sont compétentes lorsque des civils sont poursuivis ? Et quelles mesures protègent les personnes confrontées à des discriminations ?
Les réponses peuvent éclairer les écarts entre les engagements internationaux du Cameroun et leur mise en œuvre. Les conclusions attendues le 6 novembre prochain seront également suivies au-delà de Yaoundé. Elles intéresseront les institutions camerounaises, les défenseurs des droits et les organes africains chargés de veiller aux libertés fondamentales.
La portée de cette séquence dépendra surtout de la suite donnée aux recommandations : leur traduction dans les pratiques, puis la possibilité d’en mesurer les effets lors du prochain examen.









