Actualités of Monday, 2 November 2026

Source: www.camerounweb.com

Hippodrome : la chute d’un arbre révèle le vide de la mémoire verte de Yaoundé

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Un arbre ancien n’est pas qu’un morceau de décor. Il porte de l’ombre, refroidit la rue, retient l’eau et conserve une mémoire collective. Sa disparition devrait donc être expliquée avec la même rigueur qu’un chantier urbain.

L’abattage d’un grand arbre dans le quartier Hippodrome à Yaoundé a provoqué des réactions attristées sur la perte du patrimoine végétal de la capitale. Un commentaire publié le 31 octobre le décrit comme centenaire. Cette estimation, comme la raison précise de la coupe, n’a pas été confirmée par un diagnostic municipal accessible au public. Il faut donc séparer l’émotion légitime des faits encore à établir.

Les arbres urbains vieillissent, tombent malades et peuvent représenter un risque. Une ville responsable établit un inventaire, fait réaliser des expertises arboricoles, publie les motifs d’abattage et prévoit un remplacement adapté. Sans cette chaîne d’information, chaque coupe nourrit la suspicion d’une décision improvisée ou d’une pression foncière, même lorsque des raisons de sécurité existent.

Yaoundé gagnerait à créer un registre ouvert des arbres remarquables avec essence, âge estimé, état sanitaire et interventions. La compensation ne doit pas se limiter à planter un jeune sujet ailleurs : elle doit tenir compte de la canopée perdue, du temps de croissance et de la survie des plantations. La mémoire verte n’interdit pas le changement urbain ; elle oblige la ville à le justifier et à réparer ce qui peut l’être.