Actualités of Monday, 2 November 2026

Source: www.camerounweb.com

Succession présidentielle : La mise en scène de la survie politique Franck Biya

C'est une opération de communication destinée à masquer l’affaiblissement du pouvoir C'est une opération de communication destinée à masquer l’affaiblissement du pouvoir

La visite du prince Albert II de Monaco au Cameroun est une opération de communication destinée à masquer l’affaiblissement du pouvoir de Paul Biya et à mettre en scène Franck Biya dans la perspective d’une succession présidentielle. Samuel Mvondo Ayolo, est accusé de financer des campagnes médiatiques favorables au clan présidentiel et de mener des opérations de manipulation de l’opinion.

LA MISE EN SCENE DE YAOUNDÉ : ALBERT DE MONACO À LA RESCOUSSE D'UN RÉGIME EN LIQUIDATION

UNE DIPLOMATIE DE FAÇADE POUR MASQUER L'INEXISTENCE PRÉSIDENTIELLE


La récente visite du Prince Albert II de Monaco au Cameroun ne trompe personne, et surtout pas le peuple camerounais. Alors que les urgences sociales, économiques et sécuritaires s'accumulent, l'appareil d'État s’est mobilisé pour orchestrer un vaudeville diplomatique sans aucun intérêt pour les citoyens. Cette visite futile n'est qu'une grossière gymnastique politique montée de toutes pièces par le directeur du Cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, et Franck Biya.

L'objectif de cette manipulation de l'opinion publique est limpide : utiliser l'image d'un souverain étranger pour simuler l'existence physique et institutionnelle d'un président nonagénaire et quasiment invisible. À travers ces poignées de mains factices et ces réceptions protocolaires, Franck Biya — qui se croit déjà investi des fonctions de vice-président par le simple privilège de son statut de « fils de » — et son allié objectif tentent désespérément de faire croire que le pouvoir est encore incarné. Pendant ce temps, la vacance de fait se lit dans chaque silence d'Etoudi. C'est sous la houlette de Samuel Mvondo Ayolo, le valet de chambre qui se rêve aujourd'hui en régent du royaume alors qu'il n'est en réalité que le subalterne piloté en sous-main par Franck Biya, que cette mise en scène de la survie politique est exécutée. Une mise en scène d'autant plus indécente que la guerre des clans fait rage en coulisses sur fond de règlements de comptes et de l'ombre persistante du crime d'État perpétré contre le journaliste Martinez Zogo.

LE CABINET CIVIL ET LA SOUTRA DES INFLUENCEURS : LA MANIPULATION MÉDIATIQUE FINANCÉE

Pour étouffer les critiques et imposer ce récit mensonger d'une présidence active, le Cabinet civil a mis en place une véritable industrie de la désinformation. Samuel Mvondo Ayolo gère une immense caisse noire destinée au financement sous cape d'une armée d'influenceurs et de journalistes à gages. Ces mercenaires de la plume et des réseaux sociaux sont grassement payés pour saturer l'espace public, chanter les louanges d'un pouvoir fantôme, et orchestrer des campagnes de calomnies féroces contre les rivaux politiques du clan de la régence.

Cette stratégie de corruption médiatique ne se limite plus aux frontières nationales ; elle s'exporte désormais à l'international. Les récentes apparitions et tribunes complaisantes commandées dans la presse française témoignent de cette tentative désespérée d'acheter une respectabilité à un régime aux abois. Le Cabinet civil jette les ressources du pays par les fenêtres pour blanchir l'image de Franck Biya et de ses courtisans, pendant que les Camerounais s'enfoncent dans la précarité.

LES MAFIEUX DU TOURISME DE LUXE AU CŒUR DES PRIORITÉS D'ÉTOUDI

Derrière les sourires de circonstance et les tapis rouges déroulés à la délégation monégasque se cachent des intérêts bien moins avouables. Le Prince souverain ne vient pas pour signer des accords de développement bénéfiques à la population, mais pour jouer les médiateurs de l'ombre dans un litige féroce qui oppose les barons du tourisme dit de luxe. Au centre des discussions : le contrôle exclusif d'une concession de chasse de 1 640 kilomètres carrés — soit 164 000 hectares de terres publiques — située dans le département du Faro, dans le Nord du Cameroun.

Ce territoire national, transformé en terrain de jeu pour milliardaires occidentaux, fait l'objet d'une bataille juridique et financière acharnée entre Ariane de Rothschild, veuve du banquier Benjamin de Rothschild, et le guide de chasse français Pierre Guerrini. Les ZIC (Zones d'Intérêt Cynégétique) 16, 29 et 30, initialement exploitées en commun par la société Faro Lobéké, sont devenues le théâtre d'une spoliation où l'appareil sécuritaire camerounais a été instrumentalisé.

L'expulsion manu militari de Pierre Guerrini fin 2023 par la gendarmerie nationale, sous la dictée du clan Rothschild, illustre la manière dont le Cabinet civil de Samuel Mvondo Ayolo (Sous influence de Frank Biya) met les institutions de la République au service d'intérêts privés étrangers, au détriment des populations locales privées de leurs droits d'usage traditionnels. Populations qui ne peuvent chasser, pêcher ni faire de l’agriculture sur leurs terres ancestrales parce que le régime prête ou loue ces terres aux étrangers en utilisant les institutions de la République

Loïc Kodjay