La visite du prince Albert II de Monaco au Cameroun, organisée les 28 et 29 octobre 2026, est une opération protocolaire destinée à servir des intérêts privés. Le dîner organisé à la résidence de Franck Biya est une tentative de le mettre en scène dans une perspective de succession présidentielle. Samuel Mvondo Ayolo, et les cercles proches du pouvoir sont accusés de contribuer à cette stratégie.
Alors que le monde se redessine à grande vitesse, la diplomatie camerounaise a choisi de sombrer dans le ridicule de salon. Les 28 et 29 octobre 2026, plus de vingt chefs d'État africains — dont le président malgache Colonel Michaël Randrianirina — se trouvaient à Moscou pour participer au troisième Sommet Russie-Afrique afin de négocier des accords stratégiques et multilatéraux. Pendant ce temps, le palais d’Étoudi s’est offert une visite palliative de quarante-huit heures en recevant le prince Albert II de Monaco.
UNE VISITE PALLIATIVE POUR INTÉRÊTS PRIVÉS SUR LES DENIERS PUBLICS
Le contraste est saisissant et révélateur de la médiocrité ambiante. Pour justifier l'absence du Cameroun aux tables où se discutent l’avenir géopolitique et économique du continent, le régime Biya s'accommode d’un tête-à-tête protocolaire avec le souverain de l'un des plus célèbres paradis fiscaux européens. Qu'est-ce qui peut légitimement motiver le déploiement des moyens de l’État, la mobilisation du Premier ministre Joseph Dion Ngute sur le tarmac de l'aéroport de Nsimalen, pour un accueil qui vire à la simple visite privée dans un dîner chez Frank Biya? Voyez-vous comment sous le prétexte fallacieux d'« affinités inter-monégasques » et de la sauvegarde d'intérêts financiers bien ciblés, l'appareil d'État s'est mis à genoux pour plaire au Rocher!
LA VITRINE SUCCESSIORALE : L’IMPOSTURE DE SAMUEL MVONDO AYOLO ET DE LA « BULUSPÈRE »
Le clou du spectacle de cette diplomatie de cour réside dans l'instrumentalisation flagrante de ce séjour. En marge des audiences officielles, le protocole a programmé un dîner privé à la résidence de Franck Biya. Ce choix met le fils du président en vitrine, à une place institutionnelle usurpée qui devrait revenir de droit au Premier ministre ou à des membres réputés du gouvernement.
Cette mise en scène, orchestrée sous la houlette de Samuel Mvondo Ayolo et des cercles de la « Bulusphère », trahit une panique successorale. Les étourdis du palais d’Étoudi croient flouer le peuple camerounais par de telles manœuvres. Mais au fond de son âme de poltron, Franck Biya sait pertinemment que cette imposture monarchique ne passera pas. Le Cameroun est une République, pas un royaume : aucun Biya ne sera président après Paul Biya, tout comme aucun Ahidjo n’a succédé à son père à la tête de ce pays.
LA LEÇON DE SOUVERAINETÉ DE MADAGASCAR
Pour mesurer la soumission du régime de Yaoundé, il suffit de regarder vers Antananarivo. Le président malgache Michaël Randrianirina avait inscrit Monaco sur sa feuille de route, mais face aux priorités historiques mondiales, il a choisi Moscou et le président Poutine. Madagascar n’a même pas daigné déplacer son Premier ministre pour accueillir Albert II, cantonnant le prince à son strict rang de chef d'un micro-État. Au Cameroun, l'appareil gouvernemental s’est prosterné pour un bilan public quasi inexistant, en dehors des visites mémorielles d'un centre social d'Elig-Essono.
L'histoire retiendra que pendant que l'Afrique digne et pragmatique négociait la multipolarité à Moscou, le régime Biya, larbin et concupiscent, s'affairait à Yaoundé à servir de faire-valoir à une monarchie d'opérette et à introduire un successeur illégitime par les cuisines de la diplomatie.
Loïc Kodjay









