Actualités of Monday, 2 November 2026

Source: www.camerounweb.com

Médecine traditionnelle : après la loi, le Cameroun doit construire la preuve et la confiance

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Reconnaître la médecine traditionnelle ne signifie ni la sanctuariser ni la criminaliser. Deux ans après la loi, le Cameroun doit organiser la profession, protéger les patients et créer un chemin crédible entre savoirs locaux, recherche et marché.

Un atelier tenu à l’Assemblée nationale a appelé à accélérer les textes d’application de la loi n° 2024/018 du 23 décembre 2024 sur l’organisation et la pratique de la médecine traditionnelle. Les participants proposent notamment un recensement national, une formation continue, des mécanismes de certification et une prolongation de la période transitoire de vingt-quatre à trente-six mois. Ils envisagent également un plaidoyer budgétaire pour soutenir la filière.

La difficulté centrale est de transformer des catégories juridiques en pratiques vérifiables. Qui peut se déclarer tradipraticien ? Quelles indications peuvent être revendiquées ? Comment signaler un effet indésirable, tracer un lot et retirer un produit dangereux ? La certification doit examiner l’innocuité, la composition et la qualité de fabrication sans exiger d’emblée les mêmes moyens qu’une multinationale. Des laboratoires publics ou mutualisés pourraient accompagner les producteurs.

La valorisation économique ne doit pas déposséder les communautés. Les règles de propriété intellectuelle, de consentement et de partage des bénéfices sont essentielles lorsque des connaissances locales deviennent des produits commercialisés. La comparaison avec la médecine chinoise peut inspirer l’organisation, mais elle ne doit pas effacer les réalités camerounaises. Le succès de la loi se mesurera à la réduction des produits dangereux, à la qualité des preuves et à la capacité des patients de choisir avec une information honnête.