La démonétisation ne détruit pas la valeur des pièces concernées : elle change le lieu où elles peuvent être utilisées. Pour les ménages et petits commerçants camerounais, le défi immédiat est d’identifier les séries, d’accéder aux guichets et d’éviter les fausses informations.
À compter du 1er novembre 2026, les pièces de 1, 5, 10, 25, 50, 100 et 500 FCFA appartenant aux gammes émises entre 1958 et 1985 ne peuvent plus servir à payer dans la CEMAC. Elles restent toutefois échangeables à leur valeur faciale. Jusqu’au 31 juillet 2027, banques, établissements de microfinance et agences de la BEAC doivent les reprendre. Du 1er août au 31 octobre 2027, l’échange sera assuré uniquement par la banque centrale.
Cette opération rencontre une économie très liquide où la petite monnaie manque déjà. Le retrait sera crédible si les nouveaux stocks atteignent marchés, transports et zones rurales. Les établissements devraient afficher les séries acceptées, leurs horaires, les pièces justificatives éventuellement demandées et un mécanisme de plainte. Une consigne obscure créerait des pertes informelles, surtout pour les personnes qui conservent de faibles montants hors du système bancaire.
La BEAC a parallèlement démenti l’émission de prétendus billets de 25 à 400 FCFA diffusés sur les réseaux sociaux. Cette rumeur montre que la politique monétaire se joue aussi dans la communication. Un tableau public des guichets, des volumes échangés et des refus aiderait à distinguer incident local et problème systémique. Le retrait réussi ne se mesurera pas au nombre de communiqués, mais au nombre d’usagers ayant récupéré sans frais la totalité de leur valeur.









