Invitée sur le plateau de l'émission La Grande Instance sur NTV, la chroniqueuse Michelle Dikoume a frontalement remis en cause la légitimité des femmes au sein des forces armées et aux postes de commandement. Des déclarations qui ont immédiatement déclenché une vive controverse sur les réseaux sociaux.
C'est une sortie qui n'est pas passée inaperçue et qui fait déjà couler beaucoup d'encre. Lors de son passage sur NTV, Michelle Dikoume a ouvertement critiqué l'intégration des femmes dans les rangs de l'armée.
S'interrogeant sur la pertinence historique et stratégique d'une telle mesure, elle a lancé : « Je ne sais pas si les gens qui avaient estimé que les femmes pouvaient intégrer l'armée avaient mûrement réfléchi. C'est un problème. » Pour la chroniqueuse, la présence féminine sous les drapeaux ne relève pas de l'évolution des mœurs, mais s'apparente plutôt à une erreur de casting institutionnelle.
Le commandement féminin mis au pilori
Au-delà de la simple présence des femmes dans les casernes, c'est l'accès de ces dernières aux postes à haute responsabilité qui crispe particulièrement Michelle Dikoume. Selon elle, l'autorité exercée par une femme perturberait intrinsèquement les dynamiques de travail masculines.
« Quand une femme est au commandement, vous savez, c'est un problème pour les hommes qui travaillent avec elle », a-t-elle martelé, insistant sur le fait que la hiérarchie militaire traditionnelle s'accommoderait mal, d'après ses dires, d'un leadership féminin.
Entre manque de crédibilité et abus d'autorité
Pour justifier sa position, l'invitée de La Grande Instance évoque un cercle vicieux basé sur le déficit de crédibilité initial des femmes chefs. D'après son analyse, le manque de considération de leurs subordonnés pousserait les femmes à adopter un management excessivement rigide pour s'affirmer : « Lorsqu'elle arrive, vous ne la prenez pas très au sérieux. Et pour vous prouver que c'est elle le chef, elle vous en fait voir de toutes les couleurs. »
S'appuyant sur son propre tempérament et son expérience professionnelle hors du cadre militaire, elle conclut en concédant qu'elle-même n'aurait pas pu s'adapter à une telle situation : « Déjà, dans mon travail, je ne suis pas facile à plier. Vous imaginez que si j'avais porté l'uniforme, ça aurait donné quoi ? Ce n'est pas toujours très, très facile. »
Cette sortie médiatique relance avec virulence le débat sur l'égalité des genres et le sexisme dans les corps habillés. Elle intervient alors que les femmes occupent des postes de plus en plus importants dans l'armée camerounaise, à l'image de la capitaine Olive Diane Semboung Louba, commandante de la compagnie de gendarmerie de l'aéroport de Douala, ou de la magistrate MVOА Ndzie Berthe, juge d'instruction au Tribunal militaire.









