Le gouvernement promet d’investir davantage, mais reconnaît que l’objectif de la SND30 restera hors d’atteinte. La question utile n’est pas seulement la part inscrite au budget : c’est le taux d’exécution et la qualité des projets livrés.
Le Conseil de cabinet du 27 octobre annonce une hausse du Budget d’investissement public en 2027 tout en reconnaissant que la cible de 40 % du budget général ne sera pas atteinte. La circulaire présidentielle du 12 octobre fixe un plancher de 30 %. Les deux chiffres ne sont pas contradictoires : le premier correspond à une ambition stratégique, le second à une règle de préparation budgétaire. Mais leur coexistence exige une trajectoire claire afin que le recul de l’objectif ne devienne pas permanent.
La part budgétaire ne suffit pas à mesurer l’investissement. Des crédits peuvent être votés puis peu engagés, des projets peuvent accumuler les avenants, et des chantiers commencés sans maturation peuvent rester inachevés. À l’inverse, l’entretien d’un équipement existant peut produire davantage de service qu’un nouveau bâtiment. Le vrai tableau de bord doit donc rapprocher autorisations, paiements, taux physiques, délais et usage des infrastructures.
Pour 2027, le gouvernement pourrait publier les grands projets, leur visa de maturité et les critères de priorité. Les communes, entreprises et citoyens ont besoin de savoir quels chantiers seront achevés avant l’ouverture de nouveaux fronts. Le débat entre 30 % et 40 % deviendra utile si chaque pourcentage renvoie à des écoles, routes, hôpitaux et réseaux effectivement disponibles. Sans cette traduction, l’investissement public restera un objectif de ratio plutôt qu’une politique de résultats.









