Actualités of Thursday, 29 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Les États doivent 3,5 milliards à leur propre Bourse, une contradiction qui fragilise la confiance

Le montant arrêté au 30 septembre a été rendu public Le montant arrêté au 30 septembre a été rendu public

La BVMAC demande aux États de payer 3,5 milliards de FCFA de frais impayés alors qu’elle-même manque de liquidités. Cette dette ne concerne pas le remboursement des obligations aux investisseurs, mais elle révèle la difficulté des pouvoirs publics à soutenir l’institution qu’ils utilisent pour se financer.

Le montant arrêté au 30 septembre a été rendu public après le conseil d’administration du 26 octobre à Douala. Les créances proviennent notamment de frais de cotation et de capitalisation facturés aux émetteurs souverains. En 2024, le Cameroun figurait parmi les débiteurs et avait présenté un plan portant sur 2,29 milliards de FCFA, que le rapport annuel de la Bourse disait non respecté. La répartition actuelle des 3,5 milliards entre les six pays n’a pas été publiée.

La tension apparaît dans les comptes : la trésorerie disponible a reculé de 2,513 milliards fin 2024 à 805,6 millions fin 2025. La Bourse a perdu 454,5 millions de FCFA en 2025 malgré une progression de ses recettes. Elle a par ailleurs immobilisé 2,08 milliards dans le futur dépositaire central unique, dont le retard lui ferait perdre environ dix millions de FCFA de revenus par mois. Ces facteurs sont liés, mais les arriérés ne suffisent pas à expliquer seuls la dégradation financière.

Une place boursière dépend de règles prévisibles. Lorsque les États ne règlent pas les frais associés à leurs propres titres, ils affaiblissent l’infrastructure qui doit attirer entreprises et investisseurs.

La BVMAC doit publier un échéancier par débiteur, distinguer les créances contestées et préciser le calendrier du dépositaire central. La transparence protégerait aussi les États contre les amalgames : un impayé de frais de marché n’est pas un défaut sur la dette publique, mais il reste un signal de gouvernance.