Actualités of Thursday, 29 October 2026

Source: www.camerounweb.com

L’électricité vers le Tchad coûte désormais 145 milliards, mais le calendrier s’éloigne encore

Le projet a accumulé révisions techniques et déficits de financement Le projet a accumulé révisions techniques et déficits de financement

Le volet camerounais de l’interconnexion électrique avec le Tchad entre dans une nouvelle phase estimée à 145,2 milliards de FCFA. La restructuration réduit l’ambition immédiate pour avancer avec les financements disponibles, mais repousse l’horizon opérationnel vers 2030.

Une mission de la Banque africaine de développement, menée du 12 au 16 octobre, a évalué l’option dite 2-bis. Elle prévoit environ 426 kilomètres de lignes à 225 kilovolts entre Wouro-Soua, Garoua II, Maroua et la frontière, ainsi que de nouveaux équipements dans plusieurs postes. Le coût de 221,3 millions d’euros concerne une première phase prioritaire. Il ne constitue pas l’annonce d’un nouveau financement déjà approuvé.

Le projet a accumulé révisions techniques et déficits de financement. En 2025, le gouvernement évoquait un besoin supplémentaire de 287 milliards de FCFA pour les deux pays, dont 150 milliards côté camerounais. Les appels d’offres publiés en août 2026 couvrent 419,6 kilomètres, soit 6,4 kilomètres de moins que la présentation d’octobre. Le rôle du poste de Kousséri demeure également à préciser. Ces écarts peuvent provenir d’ajustements d’ingénierie, mais ils doivent être expliqués avant la signature des contrats.

L’objectif annoncé est d’exporter 100 MW vers le Tchad sous la supervision de Sonatrel, avec les opérateurs Socadel et ChadElec. Pour les populations du Nord, l’intérêt ne se résume pas aux exportations : il faut savoir si les postes et lignes amélioreront aussi la qualité locale du service.

Les plans de réinstallation, les compensations foncières, le coût final et le partage des recettes détermineront la perception du projet. Une interconnexion réussie relie deux réseaux ; elle doit aussi relier l’infrastructure aux besoins des communautés traversées.