Le lieutenant-colonel Parfait Arnaud Ayissi Nanga est devenu le 36e témoin de l’accusation dans le procès de l’assassinat de Martinez Zogo. Sa déposition était attendue depuis qu’il avait demandé à être entendu en urgence en affirmant craindre pour sa vie.
Selon les premiers comptes rendus publiés dans la nuit du 26 au 27 octobre, l’officier a mis en cause Martin Savom dans une tentative présumée d’assassinat contre lui en août 2026 et évoqué des zones d’ombre dans l’enquête. Ces affirmations sont graves. Elles doivent être rapportées comme des déclarations faites à l’audience, soumises au contre-interrogatoire et à la vérification matérielle. Elles ne prouvent pas la culpabilité d’un accusé dans l’assassinat de Martinez Zogo.
Ayissi Nanga commandait le groupement de gendarmerie territoriale du Mfoundi lorsque le corps du journaliste a été retrouvé en janvier 2023. Il affirme avoir reçu menaces, filatures et propositions financières pour renoncer à témoigner. Il avait été interpellé le 17 octobre puis libéré le lendemain. Cette séquence rend centrale la question de la protection des témoins et de la conservation des pièces.
Le tribunal doit maintenant séparer les faits liés au meurtre, ceux concernant les menaces alléguées et les informations de contexte. La défense doit pouvoir contester chaque élément, tandis que les autorités doivent garantir la sécurité de tous les participants. Pour les médias, la discipline est essentielle : attribuer les accusations, éviter les raccourcis et suivre les décisions du juge. La force de cette déposition dépendra des corroborations, pas de son retentissement politique.









