La réforme de la paie publique entre dans sa phase la moins spectaculaire et la plus importante : l’usage quotidien. Des responsables du personnel des dix régions ont été formés à AIGLES les 22 et 23 octobre.
L’Application informatique de gestion logique des effectifs et de la solde doit rapprocher les données de carrière et de rémunération jusque-là réparties entre plusieurs systèmes. Les sessions coordonnées depuis Bafoussam et suivies simultanément dans les régions visent à donner aux services déconcentrés les mêmes procédures. La formation porte autant sur l’outil que sur la qualité des données saisies, car une base unifiée reproduit les erreurs si les dossiers sources ne sont pas nettoyés.
AIGLES succède à une longue histoire de tentatives de modernisation administrative. L’objectif est de réduire les doublons, accélérer les avancements, sécuriser les actes et limiter les écarts entre situation professionnelle et solde. Pour l’agent public, la promesse est concrète : moins de déplacements vers Yaoundé, des dossiers traçables et des corrections plus rapides. Pour l’État, l’enjeu est de connaître ses effectifs et de maîtriser une masse salariale majeure.
Le déploiement régional fera apparaître les vrais obstacles : connectivité, disponibilité des pièces, formation continue, droits d’accès et capacité à corriger les anomalies. Un dispositif d’assistance et des indicateurs publics de délai seraient utiles. La réussite ne se résume pas au nombre d’utilisateurs formés. Elle se mesure au nombre de dossiers régularisés, au recul des paiements indus et à la confiance des fonctionnaires dans un système qui touche directement leur revenu.









