Plusieurs policiers ont été arrêtés et envoyés en prison pour le trafic de carburant. Comment arrivaient-ils à faire du faux. Un informateur au Tribunal criminel spécial (TCS) révèle le mécanisme du vol des 40 milliards de francs CFA de carburant qui a été détourné par la police.
Ce n'est pas de la vente directe par les policiers, c'est un système en trois étapes.
Premièrement, la source : on puise à crédit dans le stock du pays. La DGSN ne paie pas à la station. Elle prélève directement son carburant dans les cuves de la SCDP, la Société camerounaise des dépôts pétroliers. C'est le stock de sécurité national, qui sert en cas de pénurie dans le pays. Selon une lettre du ministre de l'Énergie du 6 octobre, la DGSN a prélevé 22 765 000 litres (22 700 m3) sans payer. Facture : 21 milliards FCFA. Et sur 10 ans, on estime le préjudice à 40 milliards.
En deuxième position, le trou : comment on le fait disparaître ? Des soutes fictives, les gestionnaires des soutes à carburant de Yaoundé, Soa, Bamenda sont parmi les 40 personnes envoyées à Kondengui.
Des bons et des véhicules fictifs, on déclare que le carburant va dans des voitures de patrouille qui n'existent pas ou qui sont déjà en panne. Le bon est signé, mais la citerne ne va jamais à la police.
Le circuit parallèle : d'après les dépositions, au lieu d'alimenter les patrouilles, les citernes prenaient des trajectoires clandestines vers des domaines privés. Certaines sources citent un ranch privé à Nkoteng appartenant au patron de la DGSN, Mbarga Nguélé où le carburant était stocké.
La revente, qui vend alors ? C'est là qu'interviennent les civils. L'enquête parle de 4 civils qui faisaient des versements d'argent à Yaoundé sur ordre des supérieurs. Le carburant volé était réinjecté dans le circuit normal via : un réseau de stations-services complices.
Des prête-noms. Donc en définitif : non, le policier ne devient pas pompiste. Il signe le bon de sortie, détourne la citerne, et ce sont des complices civils avec des stations qui revendent au prix normal au public. L'argent revient ensuite en liquide, d'où les 4 civils qui faisaient les versements. L'affaire est encore au Tribunal criminel spécial, personne n'a encore été condamné. C'est pour ça qu'on parle de détournement présumé.









