Dire « priorité à l’achèvement » est une rupture utile avec l’accumulation des premières pierres. Encore faut-il publier les projets concernés, leur coût restant et la date réaliste de livraison.
La circulaire présidentielle du 12 octobre sur la préparation du budget 2027 met l’accent sur la maîtrise de la dépense et l’achèvement des projets en cours, selon une analyse publiée le 17 octobre par The Post. La logique est économique : un ouvrage à 80 % immobilise du capital sans produire le service attendu, tandis qu’un nouveau projet ajoute des charges et un risque de retard.
L’application sera plus complexe que la formule. Les ministères devront classer les chantiers selon leur avancement, leur utilité et la possibilité réelle de les mettre en service. Un projet ancien ne doit pas être achevé à n’importe quel prix si sa conception est dépassée ou si son coût a explosé. La priorité doit reposer sur un audit, non sur l’âge du dossier.
Le public a besoin d’une annexe lisible : montant déjà engagé, reste à financer, source des fonds, taux physique, contentieux et calendrier. Sans cette carte, la consigne peut devenir un nouvel espace de négociation opaque. Les entreprises attendent également une programmation crédible pour planifier les équipes et les approvisionnements.
Le budget 2027 sera jugé moins au nombre d’ouvrages inscrits qu’à ceux qui ouvrent réellement au public. La discipline la plus difficile sera de refuser des projets politiquement visibles mais techniquement prématurés. Finir avant d’inaugurer suppose de rendre les arbitrages vérifiables.









