Actualités of Friday, 16 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Mysticisme : Graves révélations sur la mafia ésotérique dans les médias et sports camerounais

Jean-Claude Mbede Fouda affirme avoir choisi l’exil pour préserver sa vie et celle de sa famille Jean-Claude Mbede Fouda affirme avoir choisi l’exil pour préserver sa vie et celle de sa famille

Dans une tribune très personnelle et virulente, un exilé camerounais explique son départ du pays il y a vingt ans, affirmant avoir été victime de pressions, de menaces et de tentatives d’intimidation liées à ses projets dans les médias. Il accuse certains réseaux d’exiger des compromissions, évoque des sacrifices humains présumés et dénonce le cyberharcèlement qu’il dit avoir subi, notamment après avoir été ciblé par des personnalités du sport et des médias.

Je profite toujours des grands événements sociétaux et des mœurs pour rappeler aux nouveaux pourquoi je ne vais pas au Cameroun depuis 20 ans. L'actualité m'offre donc encore cette tribune que j'affectionne. Chaque fois que je voulais m'expressimer, ils disaient que je voulais de la visibilité. En fait, ils craignent que mon histoire ne soit connue. J'ai trop parlé des choses du Cameroun.

Je suis heureux que vous constatiez aujourd'hui que je n’ai rien inventé (comme on l’avait dit) pour aller en exil. Je suis heureux que vous constatiez que je n’ai pas fui le Cameroun pour rien. J'ai juste été un des premiers jeunes à refuser ouvertement ce qui s'y passe aujourd'hui. Mais les faits étaient tellement rares que personne ne m’avait cru. Sauf les miens. Peu nombreux. J’avais pourtant un passeport plein de visas (japonais, australien, canadien, américain, européens...) il y a 20 ans. Je venais d'investir 100 mille euros au pays pour y faire ma vie.

J'avais 25 ans et j'avais à peine ouvert une radio (FM Liberté, 91.4 FM). Je rêvais d'une chaîne de télévision et d'un magazine People. J’employais une trentaine de jeunes. Mais, un soir, on m’a dit que si je ne me compromettais pas, personne n’allait me laisser créer et gérer des médias sans avoir un « aîné qui me parraine » et qui devait m'initier. Car, pour eux, le média est un pouvoir et personne n’aurait laissé un électron libre ouvrir une radio. Ce sont donc eux-mêmes qui m'ont dit que ceux qui ont des médias là-bas se sont compromis sexuellement ou ont fait allégeance pour honorer leur promesse de sacrifices humains.

Car, oui, on est allé loin en m’indiquant qu'« il n’y a aucun grand projet sans sacrifices humains ». Je revois quelques-uns de mes employés présents me suppliant d'accepter. Et d’autres faisant équipe avec mes bourreaux car on leur avait promis que j'allais être arrêté, tué en prison et qu'ils allaient gérer mon projet après moi.

Grâce au Musulman Amadou Vamoulké, alors DG de la CRTV, j’avais pu obtenir environ 5 millions grâce à quoi j'avais pu traverser la frontière nigériane pour partir loin de ma terre. Je n’avais commis aucune faute éthique ou professionnelle. Je n’avais rien volé. Ni tué personne.

Pourtant, pendant des années, des stars du football et de la musique furent mises à contribution pour me démolir, même en Europe. Un footballeur célèbre a appelé un patron pour faire annuler mon contrat en 2011. Puis, il s’employa à interdire aux joueurs de l'équipe nationale — ma vie et ma passion, que je suivais partout, à mes frais — de me fuir. Certains hommes de médias furent mis à contribution pour me tuer socialement.

Martinez Zogo était le chef de file de ceux qui avaient été payés pour me lyncher. J'ai subi un cyberharcèlement pendant des années. Quant à vous, vous avez cru aux mensonges distillés par la mafia décidée à faire ombrage à ma version des faits. Moi, le petit gars honnête sorti des marécages de Mbalmayo. Oui, j'ai grandi dans un marécage à Mbalmayo, où j'ai appris à ne pas craindre la pauvreté, mais à vivre avec. La richesse ne m'impressionne donc pas.

Dès 2011, après avoir compris que des footballeurs, musiciens, acteurs qui furent des amis d'enfance étaient devenus des ennemis à la solde des réseaux, ma timidité s'est transformée en férocité. Vaincre ou mourir. J'ai dû choisir entre mourir des calomnies et me battre. J'ai décidé de me battre. Alors je me bats. Quand vous êtes en face de moi ou sur cette page, sachez que j'ai fait le choix entre mourir et vivre. Alors je ne respecte personne avant moi-même. Personne n’est sacré. Je tape sec. Si vous m'offensez, je vous réponds sec, et si je vous croise, je vais vider votre corps de mes mains.

D'ailleurs, les choses du Cameroun hein, je n’en parle plus. Sauf 3 : la politique, Miss Cameroun et la Fecafoot (feymania et Lions Indomptables). En dehors de ça, j'ai pitié de ceux qui souffrent au pays (ordures et moustiques), qui risquent l'enlèvement, risquent d'être mangés avec leurs enfants dans le banquet des organes humains et qui croient m'insulter en me traitant d'« exilé » alors que je vis comme un prince, en sécurité avec ma famille. Vous faites du mal à qui ? Comme vous aimez le Cameroun plus que tout le monde, restez-y. Je vous souhaite de boire votre coupe de bonheur jusqu'à la lie. C'est le prix du patriotisme.

Quand je peux, je regarde les jeunes honnêtes de là-bas, victimes collatérales. Quand je peux leur donner 50 mille, je le fais. Quand je vois un jeune que je peux recommander pour un Master en Occident ou une formation, je le fais. Le reste ne me regarde plus. Un jour, je vais réussir à construire une activité dans ma ville à Mbalmayo pour aider ma ville et la jeunesse de chez moi.

Mais je voudrais quand même dire que le Cameroun s'est jeté dans les bras du diable. Et la jeunesse applaudit. Pour réussir au Cameroun, occuper un poste, il faut se compromettre. Pour être député, maire, président de fédération... le sang doit couler. Au lieu de nous battre pour un changement qui n’en est pas un, où des gens veulent juste changer de régime pour faire pire, il reste deux chances pour que le Cameroun, qui n’est plus ni un pays, ni un État, ni une nation, ni une république, mais un territoire où règnent des chefs mafieux et des clans ésotériques avec la jeunesse la plus malhonnête de toute l'Afrique.

Oui, c'est la jeunesse camerounaise qui crucifie les valeurs et est prête à mourir pour de mauvais jeunes. La première des deux dernières chances du Cameroun est qu'un Anglophone provenant de la diaspora puisse prendre le pouvoir. La dernière chance est de supplier l’ONU de nous remettre sous le régime de tutelle avec les Allemands. En dehors de ces deux chances, le Cameroun pourrait bientôt brûler pendant des décennies et, comme l’avait dit un illustre contemporain, les survivants resteront reconstruire. Avait-il tort ?

Jean-Claude Mbede Fouda