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Source: www.camerounweb.com

8 novembre 2016, Bamenda : comment la marche des avocats a lancé la crise anglophone, d’après Jeune Afrique

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Dix ans après, les images sont toujours dans les têtes. Dans sa série « Noso, une décennie noire », Jeune Afrique rappelle la scène du 8 novembre 2016 : des hommes en robe violemment chargés par des gendarmes dans les rues de Bamenda, certains roués de coups, le cortège dispersé à coups de jet d’eau et de gaz lacrymogène.

Selon le magazine, cette marche faisait suite à un mouvement de grève lancé le 11 octobre 2016 par les avocats du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ils dénonçaient l’absence de version anglaise de plusieurs textes de loi et la nomination, dans leurs juridictions, de magistrats formés au droit civil. Jeune Afrique précise qu’ils étaient outrés par le silence du ministre de la Justice, Laurent Esso, et celui du barreau, alors dirigé par l’avocat francophone Jackson Gnié Kamga.

Le magazine raconte qu’ils se sont rassemblés à Liberty Square, où Harmony Bobga, président de l’association des avocats du Nord-Ouest, a annoncé la création d’un barreau spécifique à la communauté anglophone. Jeune Afrique y voit le début d’un vent de répression.

Le magazine recueille le témoignage de Blaise Mbuh, ancien étudiant de l’université de Bambili, aujourd’hui déplacé interne à Yaoundé. Ce jour-là, il assistait son oncle dans un débit de boissons près de Liberty Square. « À Bamenda, nous étions habitués à des mouvements d’humeur mais la tension retombait rapidement. Ce ne fut pas le cas cette fois », confie-t-il à Jeune Afrique.

Selon le magazine, les revendications des avocats, qui visaient un meilleur équilibre linguistique dans la justice, se sont ensuite propagées au système éducatif, puis ont rassemblé les frustrations politiques de toute une communauté. Jeune Afrique se demande si cela n’a pas fait oublier les revendications de départ.