Actualités of Tuesday, 13 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Pourquoi Bamenda dépendait d’une seule route : les enjeux économiques et politiques décryptés par Jeune Afrique

Image illustrative Image illustrative

Dans sa série « Noso, une décennie noire », Jeune Afrique rappelle que l’axe Babadjou-Bamenda n’était pas une route comme les autres. Le magazine souligne qu’il était la seule liaison reliant cette région frontalière au reste du pays.

Il cite les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (INS) enregistrés avant la crise : la région du Nord-Ouest représentait près de 40 % des échanges entre le Cameroun et le Nigeria. Le volume des importations du Cameroun vers le Nigeria était évalué à 1,3 million de tonnes de marchandises pour 452 milliards de F CFA, et celui des exportations à plus de 65 000 tonnes pour 39 milliards de F CFA, d’après le magazine.

Jeune Afrique relève aussi que la dégradation de la route figurait parmi les griefs de la révolte anglophone de fin 2016, aux côtés des billets de banque monolingues, de la couverture limitée de la télévision nationale et de la pauvreté. Les revendications portées par les avocats et les enseignants ont glissé, écrit le magazine, vers une protestation contre un climat généralisé de marginalisation.

Le magazine recueille l’analyse d’un opposant, qui n’est pas nommé : selon lui, « pour des raisons politiques », Yaoundé n’a jamais voulu se presser de construire une route entre le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, ce qui a rendu Bamenda entièrement dépendante de sa connexion avec Babadjou. C’est son point de vue, que Jeune Afrique rapporte sans le trancher.

Jeune Afrique observe enfin que Yaoundé a fait de cette route un symbole du retour à la normale, qu’il vante dans sa communication. Le Premier ministre a déclaré que le président veut faire avancer une région au « potentiel énorme », ralentie par les circonstances. Mais le magazine nuance : l’axe traverse d’innombrables villages désertés, aux maisons abandonnées envahies par l’herbe, et si la route est construite, elle n’a pas encore changé la vie des riverains.