Actualités of Monday, 12 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Guerre anglophone : « une machine de prédation » dans l’armée ? Le témoignage d’un déserteur relayé par Jeune Afrique

Image illustrative Image illustrative

Dix ans après le début de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, Jeune Afrique révèle qu’une parole longtemps tue commence à émerger. Dans sa série « NOSO, une décennie noire », le magazine rapporte que des soldats passés par le front anglophone ont brisé un tabou ces dernières semaines en dénonçant l’enrichissement de certains responsables militaires.

Parmi eux, Jean Freddy Okolo Bigando, ancien soldat du Bataillon des fusiliers commandos de l’Air, qui a déserté. Selon Jeune Afrique, il décrit dans un ouvrage intitulé « Mon audace » un système où les chefs prélèveraient une partie des budgets et ressources qui leur sont alloués. Le magazine énumère les pratiques qu’il évoque : trafic des dotations en carburant, détournement de primes, marchandage des documents de rotation, création de missions et de postes fictifs.

Jeune Afrique rapporte aussi ses exemples les plus frappants. Des militaires en opération auraient été mobilisés pour escorter les bœufs d’un riche homme d’affaires, qui aurait « monnayé les chefs ». Des effectifs seraient retirés de postes stratégiques pour être envoyés vers des postes n’existant que sur le papier, afin de gonfler les budgets perçus. Les noms de soldats décédés ou hors service seraient maintenus pour toucher leurs primes. Pour l’ancien soldat, « tout le monde le sait ».

Le magazine replace ces accusations dans un contexte budgétaire. Selon Jeune Afrique, le budget du ministère de la Défense est passé de 364,86 milliards de francs CFA il y a dix ans à 389,32 milliards aujourd’hui, soit le quatrième poste de dépense du pays. Le cumul des ressources fléchées vers la résolution du conflit atteindrait environ 2 500 milliards (3,8 milliards d’euros), sans avoir suffi à enrayer les violences. Jeune Afrique parle, à ce stade, de millions de francs CFA qui « achèveraient » leur course dans les comptes de responsables : le conditionnel est celui du magazine.