Actualités of Wednesday, 7 October 2026

Source: www.camerounweb.com

L’emploi camerounais reste massivement informel, même lorsque les chiffres progressent

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Derrière la vitalité des petits métiers se cachent une faible protection sociale, des revenus irréguliers et peu de salariés. Formaliser ne peut pas signifier seulement taxer.

La dernière enquête nationale complète sur l’emploi estime que 86,6 % des actifs occupés travaillent dans l’informel. Le chiffre repose sur l’EESI3, conduite en 2021 auprès de 8 738 ménages et publiée en 2023, mais il continue de servir de référence dans les rapports récents.

L’informel non agricole représente 52 % des emplois et l’agriculture informelle 34,7 %. Le secteur public pèse 8,2 %, contre 5,1 % pour le privé formel. Les écarts régionaux sont marqués : 94,2 % dans le Nord et l’Extrême-Nord, contre 75,9 % à Yaoundé et 78,9 % à Douala.

Dans les unités informelles, seuls 6 % des travailleurs sont salariés et 78,3 % exercent à leur compte. Près de la moitié travaille plus de quarante heures par semaine. Le mot “informel” recouvre ainsi des réalités très diverses, de l’activité de survie à la petite entreprise structurée mais non enregistrée.
La formalisation ne réussira pas par la contrainte seule. Elle doit offrir un bénéfice visible : accès au crédit, couverture maladie, retraite, marchés publics simplifiés, comptabilité légère et procédures numériques fiables.

La prochaine enquête devra mesurer l’évolution depuis 2021, notamment après les chocs économiques récents. Sans données plus fraîches, les politiques avancent avec une photographie déjà ancienne du marché du travail.