Thierry Biassi prend la défense d’Equinox Télévision dans son bras de fer avec le CNC. Il estime que les sanctions répétées contre la chaîne, alors qu’elle a toujours respecté les décisions précédentes, illustrent un système de régulation à deux vitesses. Il critique notamment l’intervention du ministre de la Communication auprès de Canal+ pour le rétablissement du signal d’une chaîne suspendue par le CNC, alors que l’affaire serait encore pendante devant la justice.
Il faut le dire crûment. Equinox Télévision a raison.
Quand la chaîne qui a toujours respecté la loi, qui a purgé toutes ses suspensions, même les plus injustes, en arrive à dire en filigrane "on ne respectera plus les décisions du CNC", ce n'est pas de la rébellion. C'est un cri de désespoir. C'est le ras-le-bol face à un système à deux vitesses.
Soyons honnêtes : à quoi sert un gendarme qui ne tape que sur ceux qui s'arrêtent au feu rouge, mais qui laisse passer ceux qui le brûlent en le narguant ?
Equinox a purgé en 2022. Equinox a purgé en 2024. Et cette année encore Equinox répond toujours aux convocations.
Et en face ? On dit en direct "on n'a que faire du CNC". On refuse de se présenter. On continue d'émettre. Et on est protégé.
Et le comble de la honte, c'est ce qui vient de se passer.
Une décision du CNC est prise. Une chaîne est suspendue. L'affaire est encore pendante devant la Justice, le Tribunal Administratif est saisi.
Et qu'est-ce qu'on apprend ? Que c'est le Ministre de la Communication lui-même qui intervient auprès de CANAL+ pour faire relancer le signal de cette chaîne.
Le Ministre. Le garant de la régulation. Qui piétine la décision du régulateur qu'il est censé protéger. Au mépris total de la séparation des pouvoirs. Au mépris d'une affaire pendante en justice.
On marche sur la tête
Comment voulez-vous que le CNC soit respecté quand c'est sa propre tutelle qui le sabote ? Comment voulez-vous qu'Equinox continue à respecter un gendarme que son propre patron désavoue ?
Serge Alain Ottou l'avait dit au Président du CNC le 3 septembre 2024 à Douala : "Nous ne comprenons pas cet acharnement". Il avait vu juste.
On ne peut pas demander à Equinox d'être le seul à faire ses devoirs pendant que d'autres trichent avec la bénédiction du surveillant général.
Si vous voulez qu'on vous respecte, commencez par vous respecter vous-mêmes. Respectez vos propres institutions.
Quand la loi ne s'applique qu'à ceux qui la respectent, ce n'est plus une loi. C'est une punition. Une arme politique.
Et c'est pour cela qu'aujourd'hui, Equinox a mille fois raison de ne plus avoir raison.
Thierry Biassi
Humaniste Engagé









