Actualités of Wednesday, 7 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Vision 4 : comment la chaîne d'Amougou Belinga a obtenu son retour à l'antenne en six jours, selon Jeune Afrique

Image illustrative Image illustrative

C'est un revirement que personne n'attendait. Suspendue le 29 septembre par le Conseil national de la communication (CNC), Vision 4 a retrouvé les ondes le lundi 5 octobre. Jeune Afrique révèle les coulisses de ce retour, qui serait l'aboutissement d'une série d'actions menées par les responsables de la chaîne, sous la supervision de son promoteur, Jean-Pierre Amougou Belinga, actuellement incarcéré à Kondengui dans l'affaire Martinez Zogo.

Selon les informations du magazine, la première riposte a été judiciaire. Le 1er octobre, la présidente du tribunal administratif du Centre, Aïssatou Abdoulaye Oumarou, a ordonné un sursis à exécution des sanctions visant les journalistes Martial Owona, Philippe Boni Menyene et Jean-Claude Fouda Abega. Jeune Afrique précise que cette juridiction est de celles où Amougou Belinga est « réputé avoir ses entrées ». Le CNC a pourtant refusé de s'incliner.

La seconde riposte, rapporte Jeune Afrique, a été plus discrète : un lobbying auprès du cabinet civil de la présidence de la République. Le magazine indique qu'au cours d'un échange avec le directeur du cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, qui compte parmi ses proches Amougou Belinga, le représentant de Vision 4 a plaidé que sa chaîne permettait de traiter l'actualité du point de vue des Beti, dans un paysage médiatique qu'il jugeait dominé par les Bamilékés. Il s'agit d'un argument rapporté par Jeune Afrique, attribué au représentant de la chaîne.

Dans le même temps, la chaîne a bénéficié de soutiens publics. Jeune Afrique cite le député de l'UDC Adamou Youmo Koupit, qui a dénoncé une « sanction de trop », et l'activiste Maximilienne Ngo Mbe, qui a jugé la décision « excessive ».

C'est dans ce contexte, selon le magazine, que le directeur du cabinet civil a enjoint le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, de se saisir du dossier et de lever la suspension. Son courrier du 2 octobre aux opérateurs de bouquets demandait la « reprise sans délai de la diffusion régulière » de la chaîne, en évoquant « une menace pour la préservation de l'équilibre de l'espace médiatique national ».