Actualités of Tuesday, 6 October 2026

Source: www.camerounweb.com

NÉCROLOGIE : Décès de la légende du football camerounais Jean Manga Onguéné

Il a rendu l’âme dans la matinée de ce mardi 06 octobre 2026 Il a rendu l’âme dans la matinée de ce mardi 06 octobre 2026

La rédaction de CamerounWeb vient d’apprendre la triste nouvelle du décès de la légende du football camerounais. Selon les premières informations recueillies par notre rédaction, Jean Manga Onguéné a rendu l’âme dans la matinée de ce mardi 06 octobre 2026 à Paris des suites de maladie à l'âge de 80 ans.

Surnommé "La Tête d'Or" pour son jeu de tête exceptionnel, le natif de Ngoulemekong, né le 12 juin 1946, restera comme le symbole de la fidélité au Canon Sportif de Yaoundé, son unique club de 1966 à 1982. Un palmarès immense : 6 championnats, 6 Coupes du Cameroun et 3 Ligues des Champions africaines.

Avec plus de 100 sélections chez les Lions Indomptables, il a porté le Cameroun à la 3e place de la CAN 1972, avant de devenir sélectionneur et instructeur FIFA.

En juin dernier, Yaoundé lui avait rendu un vibrant hommage pour ses 80 ans. Une icône s'en va.

C’est une véritable saison noire pour le football camerounais. Cette triste nouvelle intervient 24 heures après l’annonce de la disparition de Joseph Yepga Maya, ancien international camerounais et figure emblématique de l'Olympique de Marseille. Il a rendu l’âme le dimanche 04 octobre 2026 à l'hôpital de Chambéry, en France. Il avait 82 ans. Des terrains du Dragon Club de Yaoundé à la Canebière, il aura marqué l'histoire du football camerounais et français.

Jean Manga Onguéné a célébré hier ses 80 ans, alors que la Coupe du monde entamait sa deuxième journée.

Un hasard du calendrier ou clin d’œil de l’histoire, l’une des plus grandes icônes du football africain fêtait son jubilé entouré de proches, d’amis et de fidèles, au moment même où se jouait la compétition qui a façonné sa légende.

Car Manga Onguéné, c’est aussi l’homme du Mondiale 1990, adjoint de Valeri Nepomniachi, aux côtés de Jules Frédéric Nyongha et Michel Kaham. Une époque bénie, celle où le Cameroun brisait les certitudes du football mondial.

Cette équipe qui fit vaciller l’Argentine de Diego Maradona, avant de devenir la première sélection africaine à atteindre les quarts de finale. Une épopée qui, selon plusieurs analystes, contribua même à apaiser un climat politique alors très tendu au Cameroun.

Quatre ans plus tard, aux États Unis, l’histoire se répète : Manga Onguéné accompagne cette fois Henri Michel et Nyongha. Le destin, encore, comme un fil rouge.

Mais Aujourd’hui, que vaut encore cette histoire, celle d’un football qui fut longtemps le meilleur ambassadeur du Cameroun depuis les indépendances ? Le pays a connu des générations de joueurs mythiques — Mbappé Leppé, Tokoto, Abega, Nkono, Milla, Kana Biyick, Mbida, Aoudou, Lea Eyoum, Mbetté, Kou, Njoh Léa et tant d’autres adulés sur tout le continent à une époque où ni télévision ni réseaux sociaux ne façonnaient la notoriété.

Et puis, les Lions Indomptables, nos lions qui eux, ont brisé le plafond de verre du football africain. Des Lions effacés aujourd'hui, malgré cette histoire, par ceux de la Terranga et de l'Atlas...

Dans cette fresque, Jean Manga Onguéné occupe une place singulière : celle d’un ouvrier d’exception, joueur talentueux devenu entraîneur respecté. Humble, discret, rigoureux, il incarne une génération formée à la dure, dans un football où la compétition avait encore un sens. « John Money », comme le surnomment ses admirateurs, reste l’un des meilleurs techniciens que le Cameroun ait produits.

Sorti du football presque en silence, sans doute lassé par les dérives récentes du milieu, il a livré ces dernières années un bras de fer avec la Fecafoot pour faire valoir ses droits, symbole d’un système qui a souvent maltraité ses propres bâtisseurs.

Santé, sérénité et de longues années encore. À l’icône. Au buteur magique. À l’éternel Mekok Mengonda.


Angie Forbin