Actualités of Sunday, 4 October 2026

Source: www.camerounweb.com

La gérontocratie est à terre : après Marcel Niat Njifenji, et Cavaye Yéguié Djibril, Paul Biya perd Clément Atangana

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En l'espace de six mois, le Cameroun a vu disparaître trois des plus hautes figures de son appareil institutionnel. Après Marcel Niat Njifenji, premier président du Sénat, et Cavaye Yéguié Djibril, ancien président de l'Assemblée nationale, c'est Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, qui s'est éteint ce dimanche 4 octobre 2026 en France. Une hécatombe qui prive le pays de trois serviteurs de l'État ayant marqué de leur empreinte la vie politique nationale.

Le Cameroun traverse une période de deuil institutionnel sans précédent. En moins de six mois, trois des personnalités les plus influentes de la République ont quitté la scène, laissant un vide considérable au sommet de l'appareil d'État.


Le premier à partir fut Marcel Niat Njifenji, le 11 avril 2026, à l'âge de 91 ans. Ingénieur des ponts et chaussées, il avait dirigé la Société nationale d'électricité (SONEL) pendant vingt-sept ans avant de devenir ministre, puis vice-Premier ministre, et enfin le tout premier président du Sénat camerounais de 2013 à mars 2026 . En tant que président de la chambre haute, il était constitutionnellement la deuxième personnalité de l'État, habilitée à assurer l'intérim de la présidence en cas de vacance .

Le deuxième fut Cavaye Yéguié Djibril, décédé le 6 mai 2026 à l'âge de 86 ans dans son village de Mada, dans l'Extrême-Nord . Député depuis 1970, il avait présidé l'Assemblée nationale pendant trente-quatre ans, de 1992 à mars 2026, devenant le parlementaire le plus durablement installé au sommet du pouvoir législatif camerounais . Figure de consensus et allié fidèle de Paul Biya, il était également Lamido de Mada, conciliant traditions ancestrales et modernité politique .

Le troisième, enfin, est Clément Atangana, décédé ce dimanche 4 octobre 2026 à 85 ans à l'hôpital américain de Paris, où il avait été évacué en urgence sanitaire quelques jours plus tôt . Magistrat hors hiérarchie, il avait intégré la magistrature le 20 décembre 1968 et gravi tous les échelons, de juge d'instruction à Nkongsamba jusqu'à président de la Chambre administrative de la Cour suprême, avant de devenir le premier président du Conseil constitutionnel en 2018 .

Une génération qui s'efface

Ces trois disparitions ne sont pas anodines. Elles marquent l'effacement progressif d'une génération de dirigeants qui ont accompagné et façonné le Cameroun de Paul Biya pendant des décennies. Marcel Niat Njifenji, Cavaye Yéguié Djibril et Clément Atangana incarnaient la continuité institutionnelle du régime, chacun ayant occupé des fonctions stratégiques pendant des durées exceptionnelles.

Niat Njifenji était à la tête du Sénat depuis sa création en 2013. Cavaye Yéguié Djibril présidait l'Assemblée nationale depuis 1992. Clément Atangana dirigeait le Conseil constitutionnel depuis 2018, après une carrière de près de six décennies dans la magistrature .

Leur départ simultané pose une question fondamentale : qui pour les remplacer ? Si les successions ont déjà été assurées à la tête du Sénat (Aboubakary Abdoulaye) et de l'Assemblée nationale (Théodore Datouo), celle du Conseil constitutionnel reste à pourvoir. Et c'est peut-être là que se situe l'enjeu le plus immédiat pour l'avenir institutionnel du pays.


Ces deuils interviennent dans un contexte politique particulièrement sensible. La révision constitutionnelle d'avril 2026 a introduit le poste de Vice-Président de la République, mais celui-ci reste vacant. Le Conseil constitutionnel, que présidait Clément Atangana, aurait été l'instance chargée de valider la vacance du pouvoir et de constater l'incapacité du président en cas d'empêchement.

Avec la disparition de celui qui incarnait cette institution, la question de la continuité constitutionnelle se pose avec une acuité nouvelle. Le Cameroun se retrouve orphelin de trois de ses gardiens institutionnels, à un moment où les équilibres politiques sont plus fragiles que jamais.