Selon des informations exclusives, Stephen Martin Savom, ancien maire de Bibey et inculpé dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, aurait mis en place un vaste réseau d'escroquerie au sein de la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé. Il aurait soutiré de l'argent à des victimes en se prévalant de son carnet d'adresses pour obtenir des nominations ou des faveurs administratives. Une affaire qui révèle l'ampleur des activités criminelles persistantes au sein de l'établissement pénitentiaire.
C'est une révélation qui jette une lumière crue sur les activités souterraines de la prison centrale de Kondengui. Selon les informations obtenues, Stephen Martin Savom, l'un des principaux accusés dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, aurait développé un réseau d'escroquerie structuré au sein même de sa cellule. Son mode opératoire : se prévaloir de son carnet d'adresses et de ses relations supposées au sommet de l'État pour obtenir des nominations ou des faveurs administratives, en échange de sommes d'argent.
Toujours selon les sources de Boris Bertolt, Savom se présenterait comme un homme disposant d'un accès direct à de hautes personnalités, notamment au secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Il promettrait à ses interlocuteurs d'user de son influence pour accélérer des nominations, débloquer des situations administratives ou obtenir des passe-droits. Un discours qui, compte tenu de son passé de maire et de militant influent du RDPC, aurait convaincu plusieurs victimes.
Cette affaire n'est pas isolée. En mars 2025, un réseau d'escroquerie impliquant des gardiens de prison et des détenus avait été démantelé à Kondengui. Ces derniers se faisaient passer pour des proches du président Paul Biya ou de hauts responsables afin d'extorquer de l'argent à des demandeurs d'emploi ou à des personnes en quête de régularisation administrative.
La prison centrale de Kondengui est régulièrement pointée du doigt pour sa perméabilité aux activités illicites. Des téléphones circulent, introduits par des visiteurs ou des gardiens corrompus. Des trafics de stupéfiants sont signalés, et des détenus continuent de gérer des affaires depuis leur cellule.
Le cas de Martin Savom illustre cette réalité. En septembre 2026, des informations faisaient état de la présence d'armes dans sa cellule, ainsi que de versements de plus de 100 millions de FCFA reçus d'une « très haute personnalité de la République ». Il était également accusé d'approvisionner un autre détenu, un ressortissant ambazonien surnommé « Ngoa-Ekelle », en produits stupéfiants.
L'implication de Savom dans l'affaire Martinez Zogo aurait dû, en principe, le couper de ses réseaux d'influence. Il est accusé d'avoir joué un rôle clé dans l'enlèvement et la séquestration du journaliste, et son nom a été cité à plusieurs reprises lors des audiences du Tribunal militaire de Yaoundé.









