Infos Business of Tuesday, 29 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Explosif sur club d'Elite de Vision 4 : Le patronat de Tawamba que la présidence redoutait en 2023

On sait ce qu’il faut faire. À un moment, il faut arrêter — Célestin Tawamba On sait ce qu’il faut faire. À un moment, il faut arrêter — Célestin Tawamba

Les critiques formulées par Célestin Tawamba, président du GECAM, et son vice-président exécutif Chassem Narcisse à propos de la situation économique et infrastructurelle du Cameroun, mettent notamment en avant la hausse des intérêts de la dette, les difficultés du secteur énergétique, l’état des routes et les insuffisances qu’ils attribuent à la gouvernance publique.

Entre peur, tristesse et désespoir, le plateau de Club d’Élite sur Vision 4, ce dimanche, a suscité énormément d’inquiétude au sein des populations, qui redoutent désormais le pire, en lieu et place des promesses de l’émergence.

Chassem Narcisse, vice-président exécutif du GECAM, ingénieur statisticien et natif du quartier Bayangam à Foumban, était l’invité de Club d’Élite sur Vision 4. Avec Dieudonné Essomba et Viviane Biwole, ils ont froidement analysé la situation économique du pays. À travers des données statistiques, le représentant du GECAM a battu en brèche plusieurs affirmations du gouvernement.

En 2020, les intérêts sur la dette étaient de 250 milliards de FCFA. Six ans plus tard, ces intérêts ont plus que doublé : ils s’élèvent désormais à 532,5 milliards de FCFA.

Une explosion de la dette au profit du budget de fonctionnement de l’État. « Qu’est-ce qui a changé en matière de performance de la fonction publique ? », s’est interrogé Chassem Narcisse, avant d’admettre que des ajustements sont inévitables.

Chassem était sur le plateau de Vision 4 à la suite de la conférence de presse de son patron, Célestin Tawamba. Ce dernier n’avait pas mis de gants pour exposer les insuffisances du gouvernement.
« Plus on parle de barrages, plus on parle d’argent, moins il y a d’énergie. On connaît où est le problème, on sait ce qu’il faut faire. Il faut qu’on arrête.

Célestin Tawamba accuse ainsi les responsables du secteur de multiplier les fausses promesses, après plus de 1 000 milliards de FCFA d’investissements dans les barrages, pour des résultats qu’il juge très insuffisants.

Crise énergétique, avec 68 % des entreprises obligées de se connecter à des groupes électrogènes ; mauvais état des routes, après plus de 3 000 milliards de FCFA de dépenses en dix ans pour le réseau routier : il faut désormais parfois 12 heures pour parcourir le trajet entre Douala et Yaoundé.

En exposant les réalités infrastructurelles du pays, le patron du GECAM donne une gifle aux collaborateurs du président qui, après avoir dévoyé sa vision, lui font répéter aux Camerounais, année après année, que le retard du pays serait essentiellement dû à la conjoncture internationale, comme si le Cameroun était le seul pays à subir ces difficultés.

Peut-on accuser la conjoncture internationale lorsqu'on est confronté aux scandales comme ceux de l'or et autres dans les industries extractives ? Tawamba n'est pas passé à côté du pillage d'or dans le pays.
« On sait ce qu’il faut faire. À un moment, il faut arrêter. » — Célestin Tawamba.

Le 30 mai 2023, le sous-préfet de Douala 1er, sur instruction du ministre de l’Administration territoriale, avait interdit la session du Conseil d’administration du GICAM au siège du groupement à Bonanjo. L’objectif, selon cette lecture des événements, était d’empêcher la fusion GICAM–ECAM devant conduire à la création du GECAM.

Tawamba est un industriel local. Qui mieux que lui pouvait défendre les intérêts des industriels camerounais ? Et qui mieux que l’ECAM pouvait défendre les intérêts des PME ?

Cette fusion explosive constituait une nouvelle force face à une administration incapable, de répondre aux aspirations du secteur productif. Au-delà de la fusion et de la naissance du GECAM, la présidence ne voulait plus d’un Célestin Tawamba à la tête du patronat.

La gouvernance, le président du Gecam pointe directement du doigt la gouvernance .En 2025, le patron du GECAM s’était prononcé, à la veille des élections, en faveur d’une rupture politique et d’un nouveau modèle économique. Celui qui avait fait signer le Livre blanc du GICAM par Christian Penda Ekoka, qui avait rompu le dialogue public-privé dans le cadre du Cameroun Business Forum, n’avait pas hésité à se désolidariser de la campagne présidentielle de 2025 à laquelle certains réseaux l’associaient.En 2021 il refusait de recevoir le ministre Momo envoyé par le gouvernement dans le cadre du traditionnel dialogue (CBF) qu'il estimait inutile.

Élu en 2017 au sein d’un GICAM fracturé après le départ d’André Siaka, le groupement, jadis dirigé par les représentants des multinationales, avait désormais à sa tête un industriel camerounais déterminé à défendre ce secteur productif, considéré comme capital pour l’émergence du Cameroun.

Les prises de position actuelles du président du GECAM suscitent aujourd’hui de nombreuses interrogations dans l’opinion. Dans certains forums, certains lui attribuent même des ambitions politiques, allant jusqu’à le présenter comme un possible « Donald Trump camerounais ».

ALBIN MICHEL NJILO