Actualités of Friday, 25 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Révélations exclusives de Jeune Afrique sur la grève qui a faillit faire basculer le pouvoir de Paul Biya ces jours

Image illustrative Image illustrative

Au-delà du bras de fer sur les primes impayées, une enquête de Jeune Afrique consacrée à la grève qui paralyse les universités publiques camerounaises met en lumière un écart de rémunération si abyssal avec certains pays voisins qu'il interroge directement sur l'avenir de l'enseignement supérieur national.

Des salaires très en deçà des standards internationaux, primes comprises

Selon Jeune Afrique, Aba'a Oyono, membre du Syndicat national des enseignants du supérieur, affirme qu'un professeur gagne à peine 500 000 francs CFA par mois au Cameroun, et que même en intégrant les primes réclamées par le mouvement de grève, la rémunération resterait très éloignée des standards internationaux du métier.

Un écart de un à huit avec la Tanzanie

L'élément le plus frappant de cette enquête de Jeune Afrique concerne le témoignage de Richard Makon, enseignant-chercheur à l'université de Douala, qui établit une comparaison saisissante : alors qu'il perçoit 360 000 francs CFA par mois au Cameroun, il affirme se voir proposer 3 000 dollars par cours lorsqu'il intervient en Tanzanie — un écart de rémunération qui, à lui seul, résume l'attractivité comparée des deux systèmes universitaires pour un enseignant-chercheur du même niveau.



Ce que cette comparaison, documentée par Jeune Afrique, met en évidence, c'est le risque bien réel de voir les meilleurs enseignants-chercheurs camerounais privilégier des collaborations ponctuelles ou des postes permanents à l'étranger plutôt que de continuer à exercer dans un système national dont la rémunération, même une fois les primes régularisées, resterait structurellement peu compétitive à l'échelle régionale et internationale — un phénomène qui, s'il se généralise, pourrait affaiblir durablement la qualité de l'enseignement supérieur public camerounais bien au-delà de la seule crise actuelle des primes.