Actualités of Wednesday, 23 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Droit d'auteur : la somme ridicule remise à la famille du défunt artiste Eboa Lotin

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Eboa Lotin était visiblement un sage. Il le disait lorsqu'il était encore en vie : « Tu quitteras ce monde et n'emportera rien avec toi ».

La famille de l'artiste décédé depuis 1997 a reçu de la Société nationale camerounaise de l'art musical (Sonacam) une somme ridicule. Personne ne peut l'imaginer.

Il s'agit de 2 000 francs CFA, ce qui fait seulement 3 euros. C'est cet argent, selon la Sonacam, qui représente les droits d'auteur générés par la discographie d'Eboa Lotin.

6 octobre 1997 - 6 octobre 2022 : la disparition d'Eboa Lotin

Eboa Lotin est l'une des plus grandes icônes de la musique camerounaise. Il perd son père en 1946 alors qu'il est à peine âgé de 4 ans. Il perd sa mère en juin 1947, une année après la mort de son père ; celle-ci n'a pas pu supporter la perte de son époux. Privé de l'amour parental, le destin le privera aussi de l'usage d'une jambe.

En effet, injecté à l'occasion d'une campagne, il perd l'usage d'une jambe devenue atrophiée. Cependant, malgré tous ses handicaps, il suscite l'admiration de tous ceux qui le côtoient du fait de son enthousiasme et de son courage.

Son parcours scolaire s'arrête très tôt, faute de moyens. Il ne franchit pas le cap du cours moyen 1ère année. Auteur-compositeur, il écrivit sa première chanson Mulema Mwam (mon cœur) en 1962 à l'âge de 20 ans. Cette chanson raconte l'histoire d'un jeune marié qui se résout à accorder le divorce à son épouse parce qu'il n'a pas assez d'argent pour satisfaire les ambitions démesurées de celle-ci.

Ses textes étaient néanmoins d'une qualité exceptionnelle. Il parlait un français impeccable et riche. Il a laissé à la postérité plusieurs grands succès : Mulema Mwam, Mbemba Mota Sawa, le jour de ta mort, Matumba Matumba, Besombe, etc.

Il adorait les femmes et elles le lui rendaient bien. Il était adulé par plusieurs chefs d'État africains. Il disait ne demander dans ses prières que deux choses à Dieu : « Gagner le procès contre l'estomac et faire le rapport à la fosse septique ».

Eboa Lotin est mort le 6 octobre 1997 à Douala. Sur le plan purement artistique, il fait partie de ceux qui sont entrés dans le panthéon des grands hommes. Eboa Lotin était un précurseur, mieux, un visionnaire. Il voyait loin et était très en avance sur son époque. Les textes des chansons d'Eboa Lotin méritent carrément une étude doctorale tant ils sont riches et puissants.

Eboa Lotin a formé plusieurs artistes camerounais parmi lesquels on peut citer Tom Yom's par exemple.