Actualités of Wednesday, 23 September 2026

Source: www.camerounweb.com

REVELATIONS :comment la reconnaissance tardive de la répression française a ravivé le débat sur les Bamilékés

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Le débat actuel sur la « bamiphobie » au Cameroun ne surgit pas d'un vide historique. Une enquête de Jeune Afrique établit un lien chronologique et symbolique fort entre la reconnaissance récente, par la France, des violences commises pendant la période coloniale dans l'Ouest camerounais, et la libération de la parole qui a suivi au sein de la communauté bamiléké.



Selon Jeune Afrique, c'est une lettre d'Emmanuel Macron adressée à Paul Biya qui a marqué un tournant, le président français y reconnaissant qu'« une guerre avait eu lieu au Cameroun, au cours de laquelle les autorités coloniales et l'armée française ont exercé plusieurs types de violences répressives » — une répression dont une large part s'est exercée dans l'Ouest camerounais, région de peuplement historique des Bamilékés.

Un bilan chiffré, mais délibérément prudent

L'enquête cite avec précision les termes du rapport sur lequel s'appuie cette reconnaissance : en additionnant les différents chiffres fournis par l'autorité militaire française dans les années de répression la plus intense, entre 1956 et 1962, le bilan officiel est estimé à un minimum de 7 500 combattants tués par l'armée française — un chiffre que le rapport lui-même qualifie de « très en deçà des réalités », puisqu'il ne prend pas en compte les victimes civiles.

Un enchaînement chronologique qui n'est pas anodin

Ce que Jeune Afrique met en évidence, c'est la proximité temporelle troublante entre cette reconnaissance officielle française et les déclarations ultérieures du philosophe Achille Mbembe sur RFI, quelques jours plus tard, évoquant une « fixation » contre les Bamilékés dans le débat politique camerounais contemporain. Cette succession d'événements a nourri, selon l'enquête, un sentiment renouvelé d'appartenir à une communauté ayant payé un tribut historique particulièrement lourd, sentiment qui a directement irrigué les prises de parole publiques ayant suivi, à l'image de celle de la chanteuse Kareyce Fotso revendiquant sa fierté d'être bamiléké.



Ce que cette mise en perspective, documentée par Jeune Afrique, illustre finalement, c'est la manière dont un travail de mémoire historique, même mené avec prudence et retenue par les autorités françaises, peut se retrouver instrumentalisé ou réinterprété à l'aune de tensions politiques contemporaines bien distinctes de son objet initial — au risque de complexifier un débat déjà hautement sensible sur les équilibres communautaires camerounais actuels