Invité de l'émission Équinoxe Soir, le journaliste Serge Gauthier Onanina est revenu avec un humour mordant sur l'affaire des lunettes du ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey. Il s'est interrogé sur la logique d'une accusation visant quatre journalistes pour le vol d'un objet personnalisé, estimant qu'« il faut mettre un peu de raison » dans l'analyse des faits.
La séquence a fait le tour des réseaux sociaux. Interrogé sur l'affaire des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey, qui a conduit à la détention de quatre journalistes pendant cinq jours, Serge Gauthier Onanina n'a pas caché son scepticisme. « C'étaient les lunettes du remaniement ministériel ? Ce sont les lunettes de la secte ? Ce sont les lunettes multifonctions de James Bond, 007, qui sont spéciales », a-t-il lancé avec ironie sur le plateau d'Équinoxe Soir.
Le journaliste a ensuite rappelé un élément matériel essentiel : ces lunettes sont des verres correcteurs, personnalisés pour la vue du ministre. « Moi, j'ai des problèmes de lecture aujourd'hui. Ça, ce sont des lunettes personnalisées par rapport à mes yeux. Donc, mes enfants, mes frères, mes sœurs ne peuvent pas les utiliser », a-t-il expliqué. Une manière de souligner l'absurdité de l'accusation : à quoi bon voler des lunettes inutilisables pour quiconque d'autre que leur propriétaire ?
« Quatre journalistes allaient se partager les lunettes ? »
Poussant la logique jusqu'au bout, Serge Gauthier Onanina a posé la question qui fâche : « Qu'est-ce qu'un journaliste ferait avec des lunettes personnalisées ? Quatre journalistes, ils allaient même faire comment ? Ils allaient se partager les lunettes ? Se diviser ça comment ? » Une façon de démontrer l'incohérence d'une thèse qui a pourtant servi de base à une privation de liberté de près d'une semaine.
Sa conclusion se veut un appel au bon sens : « Quand on pose des actes, quand même, il faut mettre un peu de raison. » Une formule qui résume le malaise suscité par cette affaire, où les lunettes ont finalement été retrouvées dans le véhicule du ministre lui-même.
Les quatre journalistes — François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili — ont été libérés le 21 septembre 2026 sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. Mais ils restent marqués par leur détention et réclament que la lumière soit faite sur les circonstances de leur arrestation.









