Le Syndicat National des Footballeurs Camerounais (SYNAFOC) traverse une crise majeure. Joslain Leonel Mayebi, membre du syndicat depuis quinze ans et fils du fondateur David Mayebi, a décidé de saisir la justice pour contester la régularité de l'Assemblée Générale élective tenue le 2 septembre 2026 à Douala. Il attaque directement Geremi Njitap, président sortant, et le secrétaire général Daniel Blaise Ngos, dénonçant une manipulation du corps électoral et une violation flagrante des statuts.
C'est une bataille judiciaire qui ébranle les fondations du syndicat des footballeurs camerounais. Dans un communiqué de presse rendu public ce 22 septembre 2026, Joslain Leonel Mayebi annonce avoir officiellement introduit une assignation contre le SYNAFOC, par l'intermédiaire du cabinet d'avocats AKKUM AKKUM & Associates LLP.
Une assemblée générale élective contestée
L'objet du litige est clair : Joslain Mayebi et plusieurs délégués régionaux demandent « l'annulation pure et simple de l'Assemblée Générale élective tenue le 02 septembre 2026 à Douala ». Ils dénoncent une série d'irrégularités manifestes et d'actes de fraude qui auraient entaché l'organisation de ce scrutin.
Parmi les griefs exposés, l'accusation la plus grave concerne la composition même du corps électoral. Selon Joslain Mayebi, le syndicat aurait « fabriqué à sa guise un corps électoral sur mesure, composé de mercenaires électoraux, des individus qui n'ont jamais été membres du syndicat, mais sont venus grossir le quorum, dans le seul but de fausser les résultats et d'altérer la majorité ».
Des dirigeants visés et une nullité d'ordre public
Le communiqué pointe également du doigt la qualité des dirigeants sortants. Joslain Mayebi affirme que la convocation de cette Assemblée Générale est « entachée d'une nullité d'ordre public en raison du défaut de qualité des dirigeants sortants du SYNAFOC ». Il cite nommément les sieurs Sorel Geremi Njitap et Daniel Blaise Ngos, « tous deux frappés par la suspension d'exercer toute activité liée au football pour des durées respectives de cinq ans et deux ans ».
Un parcours de membre et une candidature entravée
Pour comprendre la légitimité de sa démarche, Joslain Mayebi rappelle son parcours au sein du SYNAFOC : « membre effectif du Syndicat depuis quinze années consécutives ». Il affirme s'être « acquitté régulièrement de ses cotisations et frais d'adhésion le 25 août 2026 », un paiement dont le SYNAFOC aurait expressément accusé réception par écrit.
Mais sa candidature à la présidence du syndicat aurait été entravée. Il raconte que le 27 août 2026, son conseil a sollicité la communication des documents statutaires nécessaires pour formaliser sa candidature. Le secrétaire général sortant lui aurait opposé « un refus brutal et tendancieux, au motif fallacieux de dossier de candidature incomplet, en violation du principe du contradictoire ».
Une convocation tardive et une éviction orchestrée
Joslain Mayebi souligne également une violation des statuts : « L'article 7 de nos statuts exige expressément que la convocation à l'Assemblée Générale intervienne au moins quinze jours avant la tenue de ladite Assemblée générale ». Or, selon lui, cette disposition n'a pas été respectée, ce qui constitue un motif supplémentaire de nullité.
Il affirme enfin que certains délégués régionaux et lui-même ont fait l'objet d'une « éviction matérielle orchestrée ».
« La fraude corrompt tout »
Face à ce qu'il qualifie de « mépris caractérisé des règles fondamentales », Joslain Mayebi annonce une « bataille judiciaire ferme et résolue contre le SYNAFOC afin de redorer le blason du droit et d'imposer le strict respect de nos règles syndicales ». Il cite la maxime latine « Fraus Omnia Corrumpit » : « la fraude corrompt tout, et ne donne aucun droit à son auteur ».
Contactés, ni Geremi Njitap ni Daniel Blaise Ngos n'ont réagi publiquement aux accusations portées contre eux. La justice dira si cette assemblée générale sera annulée ou validée. Une chose est certaine : le SYNAFOC, fondé par David Mayebi, se retrouve aujourd'hui déchiré par une crise interne dont l'issue pourrait redessiner le paysage syndical du football camerounais.








