Depuis plusieurs jours, une certaine presse laisse entendre que l'Agent comptable de la FECAFOOT aurait directement versé de l'argent liquide au président de la Fédération entre 2022 et 2024. Une présentation qui, selon des sources proches du dossier, est très éloignée du fonctionnement réel du circuit financier. Avant la réforme de la loi de finances, les fonds destinés aux Lions Indomptables transitaient par le Payeur du ministère des Sports, qui en confiait la gestion à l'Agent comptable de la FECAFOOT. Ce dernier procédait aux dépenses sur présentation de factures et de pièces justificatives, sous le contrôle de la tutelle. L'argent n'a donc jamais été remis directement au président de la FECAFOOT, qui n'est pas un prestataire de services. Aujourd'hui, le mécanisme est encore plus encadré : la FECAFOOT ne reçoit plus directement les fonds, qui sont gérés par le MINSEP, avec obligation de justification dans un délai de 30 jours. Une mise au point qui vise à rétablir la vérité sur le circuit de gestion des fonds publics destinés au football.
L’AGENT COMPTABLE DE LA FECAFOOT N’A JAMAIS VERSÉ DIRECTEMENT D’ARGENT AU PRÉSIDENT
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Depuis quelques jours, une certaine presse fait écho à la gestion des financements de l’État accordés à la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), en laissant entendre qu’entre 2022 et 2024, l’Agent comptable de la FECAFOOT aurait directement versé de l’argent liquide au président de la Fédération.
Cette présentation est très éloignée du fonctionnement réel du circuit financier concerné.
Avant la réforme de la loi des finances, les fonds destinés aux Lions Indomptables suivaient un circuit officiel et encadré. Le ministère des Finances mettait les fonds à la disposition du Payeur du ministère des Sports.
Celui-ci en confiait la gestion à l’Agent comptable de la FECAFOOT, qui procédait aux dépenses en fonction des factures, des besoins exprimés et des pro forma des différents prestataires.
L’argent n’a donc jamais été remis directement au président de la FECAFOOT.
Par ailleurs, il est utile de rappeler qu’au sein du staff des Lions Indomptables du Cameroun figure un agent de liaison, un certain Ebolo, qui constitue le trait d’union entre l’Agent comptable et la Fédération. C’est lui qui soumet les besoins à l’Agent comptable et, après approbation, les dépenses sont effectuées.
Il n’est donc pas envisageable, dans ce circuit, d’imaginer que les fonds débloqués puissent être directement versés au président de la FECAFOOT.
L’Agent comptable procède au paiement des prestations sur la base des mémoires de dépenses et des pièces justificatives ordonnancées par la tutelle sectorielle, en l’occurrence le MINSEP, qui en assure la gestion directe.
Il convient également de rappeler que le président de la FECAFOOT n’est pas un prestataire de services. Son activité se limite à la gouvernance et aux aspects techniques liés à l’activité footballistique.
Le nouveau mécanisme de gestion des fonds publics
Aujourd’hui, le processus de déblocage des fonds de l’État destinés au football est davantage encadré par les réformes issues de la Loi de finances.
La FECAFOOT ne reçoit plus directement ces fonds sur ses comptes bancaires pour assurer la gestion financière des sélections nationales.
Les ressources transitent par le circuit de l’administration publique et restent gérées sous la tutelle du ministère sectoriel.
Le mécanisme opérationnel peut être présenté en trois grandes étapes :
1. L’EXPRESSION DES BESOINS PAR LA FECAFOOT
Le processus commence au niveau de la Fédération.
Le président de la FECAFOOT exprime formellement les besoins financiers nécessaires à l’organisation des compétitions nationales ou à la participation du Cameroun aux compétitions internationales : budgets des matchs, primes, transport, hébergement, logistique, etc.
2. LE DÉBLOCAGE ET LA GESTION PAR LE MINSEP
Une fois la demande validée, le ministère des Finances (MINFI) procède au déblocage des enveloppes financières correspondantes.
Cependant, en vertu de l’article 171 de la circulaire budgétaire, ces fonds sont mis à la disposition exclusive du ministre chargé des Sports, qui en assure la gestion directe.
C’est donc le MINSEP qui ordonnance le paiement des différents prestataires, du staff technique ainsi que le règlement des primes et autres dépenses entrant dans le cadre des activités concernées.
3. LA JUSTIFICATION OBLIGATOIRE DES DÉPENSES
Conformément à l’article 172 de la circulaire ministérielle, un contrôle est exercé après l’événement.
Le contrôleur financier commis reçoit les comptes d’exploitation ;
la Fédération et le ministère disposent d’un délai maximal de 30 jours après la fin d’une compétition pour présenter l’ensemble des pièces justificatives relatives aux dépenses engagées.
Ce cadre juridique vise notamment à renforcer la traçabilité des fonds publics, à centraliser leur gestion dans le circuit de la dépense publique et à prévenir les litiges liés à l’utilisation des ressources de l’État destinées aux fédérations sportives.
En résumé : présenter le président de la FECAFOOT comme le bénéficiaire direct de fonds publics remis en espèces par l’Agent comptable ne correspond pas au circuit de gestion décrit ci-dessus. Les dépenses passent par des procédures administratives, des ordonnancements, des pièces justificatives et des contrôles prévus par le dispositif budgétaire.









