Parmi les révélations les plus troublantes portées par le capitaine Kenneth Ronald Effoudou figure celle d'un dossier qu'il a personnellement suivi lorsqu'il était en poste à l'état-major particulier de Paul Biya. Une enquête de Jeune Afrique détaille les circonstances glaçantes de l'arrestation d'un homme présenté comme un maillon d'un dispositif de déstabilisation des institutions camerounaises.
Selon le témoignage recueilli par Jeune Afrique, l'homme arrêté était un ancien militaire de la Légion étrangère française, soupçonné d'être un « maillon important d'un dispositif de déstabilisation des institutions » mis en place depuis 2022 par certains hauts dignitaires camerounais, dans le but avoué de s'emparer du pouvoir d'État par la force. L'individu se faisait passer pour un chef de bataillon et pour un conseiller à la défense du ministre de l'Administration territoriale.
Un arsenal saisi et des autorisations délivrées à répétition
L'enquête précise que cette arrestation avait permis la saisie d'un fusil d'assaut, d'une arme de poing et de munitions de guerre. Plus troublant encore : interrogé par la Sécurité militaire, le suspect aurait reconnu ne pas être le seul détenteur de ce type d'armement, et aurait présenté des autorisations émanant du ministère de l'Administration territoriale. Or, selon Effoudou cité par Jeune Afrique, l'autorisation de détention de ce type d'armement relève exclusivement des prérogatives du président de la République — ce qui soulève une question embarrassante : comment un tel individu a-t-il pu obtenir ces documents à vingt-six reprises entre 2018 et 2022 ?
Jeune Afrique relève un dernier élément qui alimente les soupçons d'un traitement de faveur : malgré une interdiction de sortie du territoire, l'ancien légionnaire aurait finalement réussi à quitter le Cameroun sans encombre. Un dénouement qui, pour Kenneth Effoudou, démontre que les enquêteurs n'étaient « pas face à un individu isolé », mais bien face à un réseau structuré, bénéficiant d'appuis suffisamment puissants pour neutraliser une mesure judiciaire censée l'empêcher de fuir.









