Le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a rendu son verdict ce lundi 21 septembre 2026 dans l'affaire opposant l'État du Cameroun aux responsables du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC). Me Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe ont été relaxées du chef de rébellion, le délit ayant été jugé non caractérisé. En revanche, Me Alice Nkom a été déclarée coupable de bris de scellés.
C'est un jugement en demi-teinte qui clôt une longue séquence judiciaire. Ce lundi 21 septembre 2026, le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a rendu sa décision dans l'affaire qui oppose l'État du Cameroun aux responsables du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC).
Le tribunal a déclaré Me Alice Nkom, présidente du conseil d'administration du REDHAC, et Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive, non coupables des faits de rébellion. Le délit a été jugé non caractérisé, et les deux responsables ont été relaxées sur ce chef d'accusation.
Le tribunal a en revanche déclaré Me Alice Nkom coupable de bris de scellés. Une décision qui découle directement des faits qui avaient déclenché la procédure.
L'affaire remonte à décembre 2024. Le ministre de l'Administration territoriale avait alors suspendu pour trois mois les activités du REDHAC, invoquant notamment des « financements illicites et exorbitants ». Des scellés avaient ensuite été apposés sur les bureaux de l'organisation à Douala. Me Alice Nkom les avait publiquement brisés, contestant la légalité de la décision administrative.
Cet épisode avait ouvert une longue séquence judiciaire. Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe avaient été citées devant le TPI de Douala-Bonanjo et avaient plaidé non coupable. Le procès a ensuite connu de nombreux renvois.
Le 7 septembre 2026, après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le tribunal avait finalement mis l'affaire en délibéré pour ce 21 septembre. L'accusation demandait que la responsabilité pénale des deux prévenues soit retenue, tandis que leurs avocats réclamaient leur relaxe.
Le jugement rendu ce lundi opère donc une distinction entre les infractions poursuivies : pas de culpabilité pour rébellion pour Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe, mais culpabilité de Me Alice Nkom pour bris de scellés.
Cette décision intervient dans un contexte où la société civile camerounaise dénonce régulièrement les pressions exercées sur les organisations de défense des droits humains. Le REDHAC, dirigé par deux figures emblématiques de la lutte pour les droits des femmes et des minorités au Cameroun, reste l'une des organisations les plus en vue du paysage associatif national.









