Actualités of Monday, 21 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Lunettes du ministre Alamine Mey : les quatre journalistes arrêtés ont été libérés, l'objet retrouvé dans la voiture du ministre

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Fin de la garde à vue pour les quatre journalistes interpellés au Palais des Congrès de Yaoundé. François Essomba (Chine Afrique), Igor Gwet Bibey (Inform Plus), Solange Djuikam (Univers Info.net) et Pierre Mouchili (Le Procès international) ont été libérés après que les lunettes du ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey, ont été retrouvées... dans la voiture du ministre lui-même.

C'est un dénouement qui donne à cette affaire des allures de farce. Les quatre journalistes arrêtés mercredi au Palais des Congrès de Yaoundé, en marge d'une cérémonie officielle présidée par le ministre de l'Économie, ont finalement été libérés. Motif de leur interpellation : une « suspicion de vol » portant sur les lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey.

Selon les informations recueillies, l'objet tant recherché a été retrouvé non pas dans les affaires des journalistes, mais dans la voiture du ministre lui-même. Une découverte qui met à mal la thèse du vol et qui pose question sur les conditions dans lesquelles ces professionnels de la presse ont été privés de liberté.

Un prétexte dérisoire

François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili avaient été interpellés en pleine exercice de leurs fonctions. Ils couvraient la clôture d'une cérémonie officielle de la Banque Islamique de Développement, présidée par le ministre de l'Économie. Au lieu de repartir avec leurs notes et leurs enregistrements, ils avaient été menottés et transférés au Commissariat du 10ᵉ arrondissement de Bastos, avant d'être jetés dans les cellules du Commissariat Central N°1 de Yaoundé.

Le Syndicat National des Professionnels de l'Information et de la Communication (SPIC) s'était indigné de cette arrestation, soulignant que les journalistes n'étaient évidemment pas les seuls présents à cet événement. « Pourquoi cibler spécifiquement les hommes et femmes de médias ? Pourquoi privilégier la brutalité des fers et des cellules de garde à vue plutôt qu'une audition libre et le respect des procédures légales élémentaires ? » s'interrogeait le syndicat.

Une garde à vue injustifiée

La libération des quatre journalistes ne suffit pas à effacer l'incident. Pendant plusieurs heures, ils ont été traités comme des délinquants pour un soupçon qui s'est révélé sans fondement. Aucun mandat n'a été présenté, aucune procédure légale n'a été respectée.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des journalistes camerounais. En jetant des reporters en cellule pour un soupçon aussi grotesque, la police n'a pas seulement cherché des lunettes : elle a envoyé un signal terrifiant à toute une profession. Celui que n'importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et détenir un journaliste.



Si les lunettes ont été retrouvées dans la voiture du ministre, comment expliquer que quatre journalistes aient été arrêtés ? Qui a donné l'ordre de les interpeller ? Sur quelle base ? Et surtout, qui assumera la responsabilité de cette erreur judiciaire ?

Pour l'heure, aucune communication officielle n'a été faite par le ministère de l'Économie ou les services de police pour expliquer les circonstances exactes de cette méprise. Les journalistes libérés n'ont pas encore pris la parole publiquement.