Dans l'émission Travelling sur Balafon TV, le journaliste Christophe Bobiokono a vivement critiqué la couverture de l'affaire Martinez Zogo par certains de ses confrères. Il accuse Boney Philippe d'avoir une « posture de courtisan » plutôt que de journaliste, et dénonce les pratiques des médias du groupe L'Anecdote, qu'il accuse de faire le procès « après l'audience » en relayant les versions des avocats d'Amougou Belinga.
La charge est rare dans le landernau médiatique camerounais. Dans l'émission Travelling sur Balafon TV, Christophe Bobiokono, journaliste à Vision 4, s'en est pris frontalement à son confrère Boney Philippe, qui officie sur la même chaîne.
« Dans l'affaire Martinez Zogo, Boney Philippe n'a pas une posture de journaliste, il a une posture de courtisan, d'employé », a lancé Bobiokono. « Formation de base à l'ESSTIC, c'est 3 ans, c'est pour aller faire le pitre devant une personnalité ?! »
Une attaque qui vise directement la crédibilité professionnelle de son confrère. Pour Bobiokono, la question n'est pas seulement éditoriale, elle est déontologique : un journaliste formé pendant trois ans ne peut pas se contenter d'une posture d'obséquiosité.
Le journaliste de Vision 4 a ensuite détaillé ce qu'il présente comme une réalité observée sur le terrain. « Je suis parmi ceux qui couvrent vraiment l'affaire Martinez Zogo. S'il y en a 2 ou 3, j'en fais partie », a-t-il affirmé. « Mais je peux vous dire que Boney Philippe, lui, il vient, il salue son patron, il tourne un peu, il part, il revient. Il ne couvre pas le procès. »
Une description qui, si elle était confirmée, poserait la question de la présence effective des journalistes dans les salles d'audience. Car la couverture d'un procès de cette ampleur exige une présence assidue, une écoute attentive des débats et une capacité à restituer les faits avec rigueur.
Bobiokono a ensuite posé la différence entre sa pratique et celle de ses confrères. « La différence entre Bobiokono et eux, c'est que moi je parle des faits qui sont documentés, informations vérifiables par tout le monde. Pas seulement que je rêvais que mon patron n'avait rien fait. »
Il a ajouté : « Moi je fais du journalisme. Et à Vision 4, on ne fait pas du journalisme là-bas. » Une formule qui vise directement la chaîne où officie Boney Philippe.
Mais c'est la critique des médias du groupe L'Anecdote qui constitue le cœur de son réquisitoire. « Chaque fois que monsieur Amougou Belinga a eu des problèmes avec la justice, les médias du groupe L'Anecdote refont le procès après l'audience », a-t-il dénoncé. « Les journalistes du groupe L'Anecdote ne viennent pas s'asseoir pendant la durée d'une audience pour collecter les informations. Non, ils tournent, puis à la fin ils tendent le micro aux conseils de monsieur Amougou Belinga qui racontent ces choses. »
Une pratique qu'il considère comme aux antipodes du journalisme. « Pour que le groupe L'Anecdote fasse un travail qu'on pourrait assimiler à un travail de journaliste, ce serait bien que ses journalistes se posent un peu, qu'ils observent, qu'ils écoutent, qu'ils fassent des articles sur des faits. Avant donc de prendre des opinions des avocats d'Amougou Belinga ou de toute autre personne. Tant qu'ils ne font pas ça, ce n'est pas du journalisme. »
Ces accusations interviennent dans un contexte où la couverture médiatique de l'affaire Martinez Zogo est devenue un enjeu en soi. Entre les journalistes qui revendiquent une couverture factuelle et ceux qui sont perçus comme les relais d'intérêts particuliers, la frontière est parfois ténue.
Pour Bobiokono, la question est simple : le journalisme exige de se confronter aux faits, pas de relayer des versions. « Moi je parle des faits qui sont documentés », martèle-t-il. Une position qui, si elle est louable sur le principe, n'exclut pas la subjectivité inhérente à toute couverture médiatique.









