Les renvois à répétition de plusieurs affaires devant la chambre militaire de la Cour d’appel du Centre à Yaoundé suscitent de l’indignation. On peut citer notamment le dossier des « NERA 10 », dont l’audience du 20 août 2026 et qui avait été renvoyée au 17 septembre pour un problème de composition. Alors qu’un décret de 2022 avait nommé huit officiers comme assesseurs, ces reports soulèvent des interrogations sur le fonctionnement de la juridiction. Des soupçons d’interférences extérieures, notamment autour de Jean-Claude Awala Wodougué, sont évoqués
COUR D’APPEL DU CENTRE : DES PROCÉDURES JUDICIAIRES EN APPEL S’ENLISENT, LES RENVOIS À RÉPÉTITION INTERROGENT
À la Cour d’appel du Centre à Yaoundé, plusieurs procédures relevant de la chambre militaire connaissent des renvois à répétition. Selon les informations recueillies par notre rédaction, certaines affaires ont déjà été reportées à six reprises, avec comme justification récurrente l’absence d’assesseurs nécessaires à la composition régulière de la juridiction.
Cette situation suscite désormais de sérieuses interrogations chez les avocats et les justiciables. Le problème de composition de la chambre n’est d’ailleurs pas seulement rapporté par nos sources. Le 20 août 2026, l’audience concernant Sisiku Ayuk Tabe et les neuf autres dirigeants séparatistes anglophones, les « NERA 10 », avait déjà été renvoyée au 17 septembre en raison notamment d’une formation incomplète. La défense dénonçait une difficulté de composition de la juridiction pour la troisième audience consécutive.
Pourtant, un décret présidentiel du 28 septembre 2022 avait nommé huit officiers comme assesseurs auprès de la chambre militaire de la Cour d’appel du Centre. La répétition des renvois pose donc une question simple : pourquoi la juridiction ne parvient-elle pas à réunir une composition lui permettant d’examiner normalement les dossiers ?
DES SOUPÇONS D’INTERFÉRENCE, MAIS AUCUNE PREUVE ÉTABLIE
En coulisses, des sources interrogées par notre rédaction soupçonnent une intervention extérieure dans le fonctionnement de certaines procédures. Elles citent notamment Jean-Claude Awala Wodougué, conseiller technique à la Présidence de la République, et évoquent son influence présumée sur la nouvelle direction de la Justice militaire.
La Justice militaire est, depuis mars 2026, dirigée par le colonel Marguerite Meffand Loaw.
La question factuelle demeure donc entière : qu’est-ce qui explique l’incapacité répétée de la chambre militaire de la Cour d’appel du Centre à réunir ses assesseurs et à examiner les affaires inscrites à son rôle ?
Boris Bertolt









