Quatre journalistes camerounais ont été interpellés ce mercredi au Palais des Congrès de Yaoundé, en pleine couverture d'une cérémonie officielle présidée par le ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey. Motif invoqué : une « suspicion de vol » portant sur... les lunettes du ministre. François Essomba (Chine Afrique), Igor Gwet Bibey (Inform Plus), Solange Djuikam (Univers Info.net) et Pierre Mouchili (Le Procès international) ont été transférés au Commissariat du 10ᵉ arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du Commissariat Central N°1. Une scène kafkaïenne qui interroge : depuis quand la perte d'un accessoire personnel justifie-t-elle l'incarcération de professionnels de la presse ?
URGENT : 4 JOURNALISTES ARRÊTÉS À YAOUNDÉ SOUS PRETEXTE QU’ILS ONT VOLÉ LES LUNETTES DU MINISTRE ALAMINE OUSMANE MEY
Par un mercredi ordinaire au Palais des Congrès de Yaoundé, la frontière entre le fait divers absurde et la dérive autoritaire s'est une nouvelle fois effacée.
Quatre journalistes — François Essomba (Chine Afrique), Igor Gwet Bibey (Inform Plus), Solange Djuikam (Univers Info.net) et Pierre Mouchili (Le Procès international) — s'étaient déplacés pour exercer leur métier. Leur mission ? Couvrir la clôture d’une cérémonie officielle de la Banque Islamique de Développement (BID), présidée par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey.
Au lieu de repartir avec leurs notes, leurs enregistrements et leurs reportages, ils sont repartis menottés.
Le motif de cette arrestation en plein exercice de leurs fonctions ? Une « suspicion de vol » portant sur les lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey.
Parce qu’un accessoire de mode ministre manque à l’appel, quatre professionnels de l'information sont brutalement interpellés, transférés au Commissariat du 10ᵉ arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du Commissariat Central N°1 de Yaoundé.
Face à cette scène kafkaïenne, une question brutale s’impose : depuis quand la perte d'un objet personnel justifie-t-elle l'incarcération préventive et brutale de professionnels de la presse ?
Comme le souligne fort justement le Syndicat National des Professionnels de l’Information et de la Communication (SPIC), ces journalistes n'étaient évidemment pas les seuls présents à cet événement. Pourquoi cibler spécifiquement les hommes et femmes de médias ? Pourquoi privilégier la brutalité des fers et des cellules de garder à vue plutôt qu'une audition libre et le respect des procédures légales élémentaires ?
Un coup de canif intolérable à la démocratie
Cette affaire dépasse largement le cadre d'un simple incident de parcours. Elle jette une lumière cruelle sur la vulnérabilité quotidienne des journalistes au Cameroun. L’affaire Martinez ZOGO qui dénonçait les malversations financières de Louis Paul MOTAZE et son complice AMOUGOU BELINGA nous en dit long.
En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d'informer. Elle envoie un signal terrifiant à toute une profession : celui que n'importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et détenir un journaliste.
Une détention arbitraire demeure une violation flagrante des droits humains fondamentaux. La liberté de la presse ne peut pas être sacrifiée sur l'autel de la suspicion ou du fait princeps. Restituons à la presse sa dignité, et rappelons qu'un journaliste en cellule pour des motifs absurdes, c’est le droit de savoir de tout un peuple qui se retrouve derrière les barreaux.
Comme vous pouvez vous-même le constater, la quête d'une paire de lunettes aveugle la liberté de la presse au Cameroun.









