Le professeur Dieudonné Essomba a une nouvelle fois plaidé pour la libération de Jean-Pierre Amougou Belinga, sur le plateau de l'émission Club d'Élites sur Vision 4. Selon lui, maintenir l'homme d'affaires en détention revient à « salir l'image de marque de l'État » et à « faire plus de mal à l'économie du Cameroun ». Une sortie qui intervient alors que le procès de l'affaire Martinez Zogo entre dans une phase décisive, marquée par des révélations troublantes sur la conduite de l'enquête.
La charge est signée Dieudonné Essomba. Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste et chroniqueur camerounais a réitéré son appel à la libération de Jean-Pierre Amougou Belinga, détenu depuis février 2023 dans le cadre de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo.
« Il faut libérer Amougou Belinga, quelqu'un qui est utile à la nation », a déclaré Essomba. « Ils sont en train de transmettre un terrible message. Ils ont déjà sali l'image de marque de l'État du Cameroun en montrant qu'un service secret peut être instrumentalisé par un privé, et maintenant ils sont en train de faire plus de mal encore à l'économie du Cameroun en empêchant un grand industriel, en le bloquant en prison. »
Une position qu'il martèle depuis plusieurs mois. Dès 2025, il affirmait déjà : « Pour un homme d'affaires de cette importance, quand un pays fonctionne bien, on y va avec douceur. Mais on l'a interpellé soit comme un voyou, soit comme quelqu'un contre qui on avait des preuves accablantes. »
Cette sortie n'est pas isolée. Vincent-Sosthène Fouda, socio-politologue, avait publié en juillet 2026 une tribune dans laquelle il affirmait : « Jean-Pierre Amougou Belinga n'a rien à faire en prison. Il n'a rien à voir avec l'enlèvement, la séquestration, la torture et l'assassinat de Mbani Zogo Arsène Salomon. » Il ajoutait : « Maintenir Amougou Belinga en prison malgré l'affaiblissement des charges, c'est ajouter une tension à un pays qui n'en a plus la capacité. »
Saint Eloi Bidoung, homme politique, abondait dans le même sens le 6 septembre 2026 : « Arrivé au 34e témoin, il n'y a pas de preuve de l'implication de Jean Pierre Amougou Belinga, il n'y a pas de scène de crime à l'immeuble Ekang comme on avait annoncé, il n'y a pas de complicité active avec qui que ce soit. Mais on a la preuve que Jean Pierre Amougou Belinga a été abusivement interpellé, maladroitement interpellé et violenté à l'interpellation. »
Des révélations qui fragilisent l'enquête
Ces appels à la libération interviennent dans un contexte où la solidité du dossier est de plus en plus contestée. Le 1er septembre 2026, le colonel Jean-Pierre Otoulou, 34e témoin de l'accusation, a été acculé par les avocats de la défense qui lui ont demandé où se trouvaient les preuves matérielles contre Maxime Eko Eko. Selon des sources proches du dossier, l'enquêteur a été contraint de reconnaître qu'il s'appuyait sur des « indices » et des « convictions personnelles » plutôt que sur des preuves établissant personnellement la responsabilité des accusés .
Plus récemment, le 14 septembre, le colonel Justin Danwé a révélé que son téléphone était « surveillé à distance » par des inconnus avant, pendant et après l'opération, et que la connexion internet du groupe WhatsApp des membres du commando avait été « coupée » entre 21h et 23h le jour de l'enlèvement. Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n'avait pas creusé cette piste, le colonel Otoulou a répondu qu'il n'avait « pas jugé cela important » .
La défense d'Eko Eko a également produit une note de service du 12 novembre 2021, non contestée, qui retirait à Danwé la coordination de toutes les opérations de la DGRE pour des « ruptures avérées de la chaîne de commandement » et des « usages répétés des moyens du service à des fins personnelles ». Selon les avocats d'Eko Eko, Danwé n'avait donc pas l'autorité pour lancer l'opération Zogo .
Ces révélations s'ajoutent à une série de turbulences procédurales. Le 31 août 2026, en pleine audience, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga, commissaire du gouvernement qui pilotait l'accusation, a été muté à Maroua par décret présidentiel. Une mutation qui a privé le tribunal d'une reexamination en profondeur du colonel Otoulou, celle-ci se limitant finalement à trente minutes d'échanges laconiques, contre six heures d'examination in chief









