Que sommes‐nous prêts à faire pour redresser le Cameroun ? Une question posée par Vincent Sosthène Fouda qui dit qu’un peuple ne peut éternellement transformer ses morts en monuments et ses vivants en spectateurs. L’homme politique parle à haute voix.
Nos morts ne nous demandent pas de vivre dans leur ombre. Ils nous demandent de faire quelque chose de la lumière pour laquelle ils ont combattu. Il y a, dans l’histoire des peuples, des moments où un homme refuse de collaborer avec le mensonge, refuse de céder à la peur, refuse de considérer la défaite comme une fatalité. Puis il comprend que le courage individuel ne suffit pas : il faut transformer le refus en organisation, l’indignation en action et l’action en projet collectif.
C’est cette leçon que notre jeunesse doit entendre
Car notre problème n’est pas l’absence de talents. Le Cameroun regorge de talents. Notre problème n’est pas l’absence d'intelligence. Notre jeunesse est brillante. Notre problème est que nous sommes en train de devenir spectateurs de notre propre histoire. Nous commentons. Nous partageons. Nous nous indignons. Nous nous insultons. Nous prophétisons le chaos. Et pendant ce temps, le pays attend. Nous avons parfois transformé les réseaux sociaux en une immense salle d’attente nationale. Tout le monde parle. Trop peu construisent. Il faut maintenant changer de logiciel.
Il faut faire et faire ensemble
À chaque jeune Camerounais qui demande : « Mais que puis-je faire ? », je réponds : commence par ce qui est à portée de ta main. Si tu es étudiant, crée un cercle de lecture, de débat ou de tutorat. Aide cinq élèves plus jeunes que toi à réussir. Apprends-leur à raisonner, à vérifier une information, à écrire et à argumenter.
Si tu es enseignant, refuse de considérer ton métier comme une simple profession. Forme des citoyens. Si tu es informaticien, développe une application utile à ton quartier, à un agriculteur, à un commerçant, à une école ou à une commune. Si tu es entrepreneur, crée de l’emploi au lieu d’attendre uniquement un emploi. Si tu es agriculteur, rejoins une coopérative, transforme, conditionne et commercialise. Que le Cameroun cesse d’exporter des matières premières pour importer ensuite les produits qu’il aurait pu fabriquer.
Si tu es médecin, infirmier, pharmacien ou professionnel de santé, participe à une campagne de prévention ou de dépistage dans une communauté qui en a besoin. Si tu es juriste, aide gratuitement, lorsque c’est possible et dans le respect des règles professionnelles, une personne vulnérable à comprendre ses droits. Si tu es journaliste, vérifie avant de partager. La vérité est aussi un service public. Si tu es créateur de contenu, cesse de donner uniquement de la visibilité à la colère. Utilise ton audience pour faire connaître une bibliothèque, une entreprise locale, un projet agricole, une association sérieuse, un chercheur, un artisan, une initiative citoyenne. Si tu es dans la diaspora, ne réduis pas ton rapport au Cameroun aux transferts d’argent. Transfère aussi des compétences, des réseaux, des technologies, des méthodes et des opportunités.
Et si tu n’as ni argent ni diplôme ?
Alors commence par ton environnement immédiat. Nettoie ton quartier. Plante un arbre. Aide un enfant à lire. Accompagne une personne âgée. Soutiens une femme victime de violence. Donne quelques heures par mois à une association sérieuse. Organise une collecte pour une école. Crée un petit groupe de jeunes qui se réunit régulièrement pour résoudre un problème concret du quartier. Le patriotisme commence souvent là où personne ne regarde.
Ne plus attendre l'État pour tout. Nous devons également sortir d'une dangereuse culture de l'attente. L'État a des responsabilités immenses. Il doit les assumer. Mais le citoyen aussi a une responsabilité. Nous devons apprendre à distinguer ce que l'État doit faire de ce que nous pouvons faire sans attendre l'état. Une route nationale relève de la puissance publique. Mais empêcher que notre rue devienne une décharge peut commencer par nous.









