Sept bœufs volés, des exécutants condamnés à deux ans de prison ferme, mais des suspects présentés comme les donneurs d'ordre relaxés. Dans un rapport daté du 14 septembre 2026, une association de défense des droits humains dénonce une « justice à deux vitesses » dans le traitement d'une affaire de vol de bétail survenue entre Boboyo et Lara, dans le Mayo-Kani. Elle pointe du doigt l'absence de traçabilité des animaux, le manque de saisies conservatoires et une différence de traitement entre les protagonistes. Un recours devant la Cour d'appel de Maroua est annoncé.
nfo en continu… MAYO-KANI : UNE ASSOCIATION DÉNONCE DE GRAVES DYSFONCTIONNEMENTS JUDICIAIRES DANS UNE AFFAIRE DE VOL DE SEPT BŒUFS
Sept bœufs volés, plusieurs suspects interpellés, deux condamnations à deux ans de prison ferme, mais d’autres protagonistes finalement relaxés. Dans un rapport daté du 14 septembre 2026, une association de défense des droits humains dénonce ce qu’elle considère comme une « justice à deux vitesses » dans le traitement d’une affaire de vol de bétail dans le Mayo-Kani, dans l’Extrême-Nord.
L’affaire commence entre Boboyo et Lara. Selon le rapport que nous avons consulté, sept bœufs appartenant à un éleveur présenté comme Oumarou Maïterou auraient été soustraits. L’organisation soutient que l’opération ne relèverait pas d’un simple vol isolé, mais d’un circuit organisé impliquant plusieurs intervenants.
Le document cite notamment Badawé et Maisnala, présentés comme les exécutants de la soustraction des animaux. Les bœufs auraient ensuite été acheminés vers Kolara, dans l’arrondissement de Moulvoudaye, où un autre protagoniste aurait procédé à une substitution des bêtes. Le rapport affirme ensuite que le produit de cette opération aurait circulé jusqu’à Guidiguis, où un chef-boucher, Hamissou Amadou, aurait joué un rôle dans l’écoulement des animaux. Ces éléments constituent les accusations formulées par l’association et doivent être confrontés aux versions des personnes mises en cause.
Mais c’est surtout le déroulement de l’enquête qui suscite les critiques. Le rapport affirme que quatre suspects ont été placés en garde à vue pendant des périodes allant de sept à dix jours, tandis que Hamissou Amadou aurait été détenu trois jours avant d’être remis en liberté.
L’association reproche aux enquêteurs de la compagnie de gendarmerie de Kaélé l’absence, selon elle, de certaines diligences permettant de retracer précisément les animaux et les flux financiers : pas de saisie conservatoire significative, pas de reconstitution complète de la traçabilité des sept bœufs et, affirme-t-elle, une perte progressive des éléments matériels susceptibles d’éclairer le dossier.
Au terme de la procédure, Badawé et Maisnala ont été condamnés à deux ans de prison ferme et au paiement de 2,7 millions de FCFA de dommages et intérêts, selon le rapport. L’association conteste en revanche la relaxe d’autres personnes qu’elle présente comme ayant occupé une place plus importante dans le circuit présumé.
C’est précisément cette différence de traitement qui motive sa dénonciation. Elle estime que les exécutants ont subi toute la rigueur de la justice tandis que des personnes qu’elle qualifie de « donneurs d’ordres » ou de bénéficiaires du circuit auraient échappé à une condamnation.
L’organisation annonce un recours devant la Cour d’appel de Maroua et demande un réexamen du dossier. Dans son rapport signé à Yagoua le 14 septembre 2026, elle interpelle également les autorités sur les conditions dans lesquelles les investigations préliminaires ont été conduites.
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