À Yaoundé, plus de 8 milliards de francs CFA sont bloqués au trésor. Luc Atangana Messi estime que c'est à lui. « C'est à moi, cet argent me revient », confie-t-il à ses proches collaborateurs en parlant certainement de son département. Révélation de Boris Bertolt, le lanceur d'alerte étant l'une des premières personnes à révéler l'affaire sur les réseaux sociaux.
Dans la capitale, la bataille contre les ordures se joue aussi dans les caisses de l'État. Alors que l'insalubrité demeure l'un des problèmes les plus visibles de la ville entière, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) réclame au ministère des Finances la mise à disposition de 8,2 milliards de francs CFA destinés précisément à la gestion des déchets ménagers.
Dans une correspondance adressée le 7 août 2026 au ministre des Finances, le maire de Yaoundé, Luc Messi Atangana, demande le déblocage de ces ressources issues des droits d'accises et leur mise à disposition du receveur municipal.
Le problème, selon la municipalité, n'est pas que l'argent n'existe pas. Les fonds seraient déjà logés au trésor public et les titres correspondants resteraient en attente de paiement. C'est donc leur mise à disposition effective qui est désormais réclamée par la ville.
Et derrière ces chiffres se cache une réalité quotidienne beaucoup plus concrète. Dans plusieurs quartiers de Yaoundé, la collecte irrégulière des déchets, l'accumulation des ordures et la saturation de certains points de dépôt continuent de peser sur le cadre de vie des habitants.
Or enlever, transporter et traiter quotidiennement les milliers de tonnes de déchets produits par une métropole nécessite des moyens financiers considérables et, surtout, disponibles à temps.
Pour la communauté urbaine, les 8,2 milliards de francs CFA réclamés doivent justement contribuer au financement de ces opérations. Leur indisponibilité fragilise donc la capacité de la municipalité à assurer durablement un service pourtant essentiel.









