Actualités of Monday, 14 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Procès Martinez Zogo : le colonel Otoulou de retour à la barre pour un face-à-face décisif

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Les audiences reprennent ce lundi au Tribunal militaire de Yaoundé. Le colonel Jean-Pierre Otoulou, qui a dirigé la commission d'enquête mixte, sera de nouveau interrogé par les avocats de la défense. Une audition cruciale alors que la solidité des preuves contre les accusés, notamment Maxime Eko Eko, est vivement contestée.

C'est une nouvelle journée à haut risque pour l'accusation. Ce lundi 14 septembre 2026, le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo reprend ses droits au Tribunal militaire de Yaoundé. Au centre des débats : le colonel Jean-Pierre Otoulou, principal enquêteur de l'affaire, qui sera de nouveau soumis aux questions pressantes des avocats de la défense.



L'audition du colonel Otoulou, 34ᵉ témoin de l'accusation, avait déjà débuté fin juillet avant de se poursuivre les 31 août et 1er septembre derniers . À cette occasion, l'enquêteur avait présenté une série d'« indices » visant à établir que l'ancien patron de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, était au courant de l'opération ayant conduit à l'enlèvement puis à la mort du journaliste .

Parmi ces éléments, le colonel Otoulou avait notamment évoqué la déclaration d'Eko Eko lui-même, qui aurait orienté les enquêteurs vers l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi que l'absence d'enquête interne à la DGRE entre l'enlèvement et l'interpellation de Justin Danwé . Il avait également mentionné un rapport d'expertise selon lequel Eko Eko n'aurait remis que trois téléphones sur les dix qu'il déclarait posséder .



Mais ces éléments, que l'enquêteur présente comme un faisceau d'indices, sont loin de convaincre la défense. Les avocats d'Eko Eko ont vertement critiqué la solidité du dossier, rappelant qu'aucune preuve matérielle, testimoniale ou numérique ne vient corroborer les accusations au-delà des déclarations, fluctuantes, de Justin Danwé .

Le cœur du débat, désormais bien identifié, porte sur une distinction fondamentale : celle entre l'indice, qui oriente l'enquête, et la preuve, qui seule peut fonder une condamnation . Le colonel Otoulou a lui-même reconnu que son raisonnement s'appuyait sur des « pistes » et une « conviction personnelle » . Une approche que la défense juge insuffisante dans un procès pour assassinat.



Cette nouvelle audition intervient dans un contexte marqué par de récentes turbulences. À la fin du mois d'août, le commissaire du gouvernement en charge de l'accusation dans ce dossier, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga, a été muté à Maroua en pleine audience . Son successeur, le lieutenant-colonel André Éric Atemengue, a pris ses fonctions à Yaoundé.

L'affaire Martinez Zogo concerne au total 17 accusés, tous détenus, parmi lesquels figurent des responsables ou anciens responsables de la DGRE, l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, et plusieurs autres personnalités . Le journaliste, animateur vedette de la radio Amplitude FM, avait été enlevé le 17 janvier 2023 avant que son corps ne soit retrouvé cinq jours plus tard, portant des traces de sévices .

Les avocats de la défense devraient donc poursuivre leur stratégie visant à démontrer les failles de l'enquête préliminaire. Pour la partie civile, qui attend toujours des réponses définitives sur les commanditaires de l'assassinat, cette nouvelle audition du colonel Otoulou représente un moment charnière .