Accusée par le lanceur d'alerte Boris Bertolt d'être visée par un mandat d'arrêt et de se trouver en fuite, le Dr Olive Ngobo Elok a publié un démenti formel. L'experte en relations internationales affirme n'avoir reçu aucune notification et dénonce une « cabale » orchestrée depuis le Ministère de la Défense avec le soutien du vice-amiral Joseph Fouda.
Le Dr Olive Ngobo Elok sort de son silence. Dans une déclaration rendue publique, l'experte en relations internationales, stratégie et sécurité, indique avoir été informée par le journaliste et lanceur d'alerte Boris Bertolt de récents propos soutenant qu'un mandat d'arrêt aurait été émis à son encontre en mars 2026 et qu'elle serait actuellement en fuite. Une information qu'elle dément catégoriquement.
« Je tiens à apporter un démenti formel et à informer l'opinion publique nationale et internationale qu'à ce jour, aucune interdiction de sortie du territoire ni aucun mandat d'arrêt ne m'ont été notifiés ni à moi, ni à mon Conseil juridique par le Tribunal Militaire dans le cadre de l'affaire opposant le vice-amiral Joseph Fouda au nommé Mbapou et consorts », déclare-t-elle.
Le Dr Ngobo précise qu'« aucune plainte n'a jamais été déposée contre [sa] personne dans cette procédure ». Elle affirme que son implication résulte exclusivement d'« une cabale, de manœuvres coercitives orchestrées depuis le Ministère de la Défense avec le soutien direct du vice-amiral Joseph Fouda ». Selon elle, cette « instrumentalisation institutionnelle » visait à « gonfler artificiellement le nombre de mis en cause afin de présenter des innocents comme les complices d'un réseau criminel accusé d'usurpation d'identité et d'escroquerie ».
Le Dr Olive Ngobo rappelle avoir saisi le Tribunal Militaire en date du 31 août 2026. Elle réaffirme avec force : « Il n'existe aucun groupe mafieux qui usurpe l'identité du vice-amiral Joseph Fouda au Cameroun ! Il n'existe aucun "faux contre-amiral" qui usurpe l'identité du véritable vice-amiral Joseph Fouda ! ».
Selon les éléments qu'elle affirme détenir et entendre soumettre à la justice, le vice-amiral Joseph Fouda serait lui-même « au cœur d'un mécanisme dans lequel son propre nom, son grade et son identité auraient été utilisés pour des activités que je dénonce comme frauduleuses et criminelles ».
Cette sortie s'inscrit dans le cadre d'un contentieux qui oppose le Dr Olive Ngobo au vice-amiral Joseph Fouda depuis plusieurs années. En 2024, elle avait été incarcérée pendant 49 jours à la prison de Kondengui à la suite d'une plainte déposée contre elle par le haut gradé. Elle affirme avoir perdu sa grossesse durant cette détention, qu'elle qualifie d'arbitraire.
Le 25 août 2026, elle a déposé une plainte contre le vice-amiral Fouda, l'accusant notamment d'escroquerie aggravée, de corruption, de complicité d'enlèvement et de séquestration illégale, de torture et de détention arbitraire. Elle réclame une réparation intégrale de 6,5 milliards de francs CFA pour les préjudices subis.
Dans sa déclaration, le Dr Ngobo affiche une détermination sans faille. « J'attends de pied ferme leur prétendu mandat d'arrêt ! Qu'ils me le fassent parvenir, ce prétendu mandat d'arrêt ! Je le dis haut et fort : je n'ai absolument pas peur du vice-amiral Joseph Fouda et de ses réseaux », lance-t-elle.
Elle promet une « riposte totale, publique et sans merci, dans le cadre de la légitime défense de [son] honneur et de [ses] droits. Et de conclure : « Quiconque cherche le rapport de force découvrira une détermination que ce pays n'a encore jamais vue ! »
L'affaire dite « Fouda/Mbapou » secoue les hautes sphères du pouvoir camerounais depuis plusieurs mois. Le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président Paul Biya, accuse Hervé Parfait Mbapou et d'autres personnes d'avoir usurpé son identité à des fins d'escroquerie. En septembre 2026, quinze mandats d'arrêt ont été délivrés contre des personnes impliquées dans cette procédure, actuellement en fuite et activement recherchées par la justice militaire.
Le dossier a également pris une dimension politique, avec des révélations faisant état de versements présumés de sommes importantes par des personnalités pour obtenir des faveurs ou des postes] . La guerre des clans au sommet de l'État camerounais semble loin d'être terminée.
Sollicité pour réagir aux déclarations du Dr Olive Ngobo, l'entourage du vice-amiral Joseph Fouda n'a pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat.









