Selon des informations exclusives, l'ancien directeur général de la DGRE avait transmis au président de la République, le 30 janvier 2023, un rapport de 11 pages mettant en cause six membres du gouvernement et quatre directeurs généraux dans une tentative de prise de contrôle des secteurs stratégiques de l'État. Le lendemain, il était arrêté dans le cadre de l'affaire Martinez Zogo.
C'est une révélation qui pourrait changer la donne dans le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Lors de son contre-interrogatoire face au colonel Jean-Pierre Otoulou devant le Tribunal militaire de Yaoundé, l'ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), Léopold Maxime Eko Eko, a affirmé avoir été chargé par le président Paul Biya lui-même, dès novembre 2022, d'enquêter sur un présumé projet de coup d'État.
Un rapport de 11 pages remis à la Présidence
Le document, intitulé « Rapport spécial d'enquête sur les présomptions de prise de contrôle des segments économiques et administratifs sensibles de la vie de la nation et leur impact sur la sécurité de l'État », aurait été remis à Paul Biya le 30 janvier 2023. Selon les informations disponibles, ce rapport mettrait en cause six membres du gouvernement ainsi que quatre directeurs généraux de sociétés, aux côtés de hauts responsables des administrations chargées de l'Économie et des Finances
Une chronologie troublante
Les dates sont glaçantes. Le 26 janvier 2023, Eko Eko aurait été relancé par sa hiérarchie pour remettre les conclusions de ses investigations. Le 30 janvier, il dépose son rapport à la Présidence de la République. Le 31 janvier, moins de vingt-quatre heures plus tard, il est interpellé par la gendarmerie dans le cadre de l'enquête ouverte après l'assassinat de Martinez Zogo.
Cette chronologie, que l'ancien patron du renseignement présente comme un élément important de sa défense, alimente désormais les interrogations sur les véritables motifs de son arrestation et sur la possible existence d'une guerre de clans autour de la succession au sommet de l'État.
Un rapport qui met en cause de hautes personnalités
Les révélations d'Eko Eko s'ajoutent aux déclarations du capitaine Effoudou, ancien chef du service des renseignements à l'état-major particulier du président, qui a également évoqué une tentative de coup d'État en 2023. Selon des captures d'écran de conversations WhatsApp publiées récemment, le projet serait porté par un colonel de l'armée et impliquerait plusieurs personnalités influentes, dont le ministre d'État Ferdinand Ngoh Ngoh, un coopérant militaire israélien, un ancien gouverneur, la DG de Camtel et le directeur des douanes.
Un procès aux multiples zones d'ombre
Si ces révélations viennent nourrir la défense d'Eko Eko, qui conteste toute implication dans l'assassinat du journaliste, elles soulèvent également des questions sur la conduite de l'enquête préliminaire. Le colonel Otoulou a reconnu, lors de la confrontation, que son rapport du 28 février 2023 innocente totalement l'ancien patron de la DGRE, avant qu'il ne change sa position dans son rapport final du 3 mars en évoquant des « faits nouveaux » contestés par la défense.
L'affaire est désormais suivie de très près, alors que les 17 accusés, dont Jean-Pierre Amougou Belinga, restent détenus en attendant la suite des débats. Le contenu exact du rapport d'Eko Eko et ses éventuelles conséquences sur les hautes sphères de l'État pourraient bien redéfinir les contours d'un procès qui tient le Cameroun en haleine depuis plus de trois ans.
Exclusif… TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT : LES PREMIÈRES RÉVÉLATIONS SUR LE RAPPORT DE L’ANCIEN PATRON DES RENSEIGNEMENTS, MAXIME EKO EKO TRANSMIS À PAUL BIYA LA VEILLE DE SON ARRESTATION
C’est un document de 11 pages dont le contenu pourrait apporter un nouvel éclairage sur une séquence particulièrement sensible de l’histoire récente du Cameroun. Le 30 janvier 2023, Maxime Eko Eko, alors directeur général de la Recherche extérieure (DGRE), aurait transmis au président Paul Biya la synthèse d’un rapport d’enquête portant sur des soupçons de prise de contrôle de secteurs stratégiques de l’État.
Le document est intitulé : « Rapport spécial d’enquête sur les présomptions de prise de contrôle des segments économiques et administratifs sensibles de la vie de la nation et leur impact sur la sécurité de l’État ».
Selon les informations dont nous disposons sur cette synthèse, les investigations auraient conduit les services de renseignement à s’intéresser à plusieurs personnalités occupant des positions importantes dans l’appareil d’État.
Le rapport met notamment en cause six membres du gouvernement ainsi que quatre directeurs généraux de sociétés. De hauts responsables des administrations chargées de l’Économie et des Finances seraient également cités.
L’enjeu dépasse donc la simple surveillance de quelques individus. Par son intitulé même, l’enquête s’intéressait à une possible prise de contrôle de segments économiques et administratifs considérés comme sensibles, et aux conséquences potentielles d’une telle situation sur la sécurité de l’État.
Mais la chronologie est particulièrement troublante.
Le rapport aurait été remis à Paul Biya le 30 janvier 2023. Le lendemain, 31 janvier, Maxime Eko Eko est arrêté dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
Ainsi va la République









