L’opposant en exil, qui se présente comme le « président élu » du Cameroun, a adressé un message de condoléances après la disparition de son compatriote, arrêté dans le contexte de la crise post-électorale. Il dénonce les conditions de détention et réaffirme son engagement auprès des prisonniers politiques.
C’est une voix qui s’élève depuis l’exil. Dans un message publié ce lundi, Issa Tchiroma Bakary, opposant camerounais réfugié en Gambie depuis novembre 2025 à la suite de la présidentielle qu’il conteste, a exprimé sa consternation après le décès de Mahamadou Moktar. Il qualifie cette mort de « mort de trop » et dénonce des conditions de détention qu’il juge « particulièrement éprouvantes »
Un prisonnier politique libéré quelques jours plus tôt ?
Les informations disponibles font état d’une libération annoncée de 30 prisonniers politiques, parmi lesquels figurait un certain Mamadou Moucta, détenu à la prison de New Bell et souffrant de tuberculose ainsi que d’une embolie pulmonaire. La Coordination auprès d’Issa Tchiroma Bakary avait salué cette libération le 20 août 2026, la présentant comme une « victoire du peuple ». Il n’est pas certain qu’il s’agisse de la même personne que Mahamadou Moktar, mais l’homonymie et le contexte médical évoqué (tuberculose, embolie) laissent planer un doute.
Le message de M. Tchiroma évoque en tout cas un décès en « détention illégale », et non une libération. Il affirme que l’état de santé du défunt s’était dégradé en raison d’une « grave pathologie qui nécessitait une prise en charge médicale urgente et appropriée », en dépit des efforts de l’équipe de coordination mise en place par son camp et de citoyennes engagées.
Cette affaire s’inscrit dans un climat de fortes tensions politiques au Cameroun, où les manifestations consécutives à la présidentielle d’octobre 2025 ont été réprimées, faisant plusieurs morts et de nombreux emprisonnements. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a « observé avec préoccupation » ces événements et appelé à la libération des détenus arbitraires. M. Tchiroma a par ailleurs initié des poursuites judiciaires en France et en Suisse contre les responsables présumés de cette répression, invoquant le principe de compétence universelle.
Dans son message, Issa Tchiroma Bakary promet que, « lorsque la volonté du peuple sera restaurée, la Nation saura rendre à sa mémoire et à son sacrifice l’hommage qui leur est dû ». Il réaffirme sa détermination à « poursuivre la mobilisation pour que soit restaurée la vérité des urnes et respectée la volonté souverainement exprimée par le peuple camerounais.









