Dans une vidéo choc, le Général Actor, ancien commandant séparatiste, apparaît en larmes, témoignant du désarroi de centaines de combattants ralliés à la paix, mais bloqués hors du Cameroun après avoir déposé les armes. Selon le Dr Success Nkongh, médiateur sur le terrain, ces hommes – qui entonnent spontanément l’hymne national camerounais en signe de ralliement – auraient été « abandonnés » et leur retour empêché en raison d’un sabotage attribué à Ferdinand Ngoh Ngoh. L’auteur du récit, qui dit avoir risqué sa vie pour convaincre ces ex-rebelles, dénonce un processus de paix compromis malgré l’accord initial du chef de l’État. Un témoignage accablant qui soulève des questions sur les coulisses de la réconciliation au Cameroun.
Dans cette vidéo, le Général Actor était littéralement en larmes. Il expliquait que des centaines de combattants que j’avais rassemblés pour la cause de la paix avaient attendu pendant longtemps et étaient désormais fatigués d’attendre. Ils voulaient simplement être ramenés chez eux, sur la terre de leurs ancêtres, afin de pouvoir travailler pour la paix.
Mais ils ont été laissés sur place. Ils ont été abandonnés à ma charge, parce que, Ferdinand Ngoh Ngoh avait saboté la mission. Je vous ai déjà raconté cette histoire par le passé ; aujourd’hui, je vous présente cette vidéo comme un élément venant appuyer mon récit.
Ces combattants se sont donc retrouvés bloqués, sans possibilité de rentrer au Cameroun dans le cadre du processus de paix.
À ce moment-là, après une si longue attente, beaucoup étaient profondément frustrés et découragés. Certains étaient confrontés à un véritable dilemme. Malgré tout, la majorité gardait encore espoir et attendait que la mission puisse reprendre et aboutir.
Regardez bien : voir un combattant ambazonien chanter l’hymne national camerounais est extrêmement significatif. Cela montre le changement qui s’était opéré en lui. Voir ces hommes chanter l’hymne du Cameroun signifiait qu’ils avaient choisi de tourner la page de l’Ambazonie et d’embrasser la paix ainsi qu’un Cameroun uni et indivisible.
C’est pour obtenir ce résultat que nous avons travaillé et fait d’énormes sacrifices. J’ai risqué ma vie. Au cours de mes démarches pour convaincre certains de ces combattants, j’ai été kidnappé par certains d’entre eux et j’ai échappé à des tentatives contre ma vie, parce que certains me considéraient comme une menace pour leur projet d’indépendance.
Et après tous ces efforts pour convaincre ces hommes de déposer les armes, Ferdinand Ngoh Ngoh a fait obstacle à leur retour au Cameroun et a saboté le processus de paix.
Voilà pourquoi, lorsque je parle de Ferdinand Ngoh Ngoh, je parle à partir de mon expérience et non sous le coup de l’émotion. J’affirme disposer de faits et d’éléments concrets sur le terrain pour étayer ce que je raconte.
Lorsque vous entendez ces combattants remercier le chef de l’État et adresser leurs vœux au Président de la République, ce ne sont pas des paroles que j’avais mises dans leur bouche. Ils le faisaient parce que, le Président avait donné son accord pour cette mission.
La mission avançait normalement et ces hommes espéraient rentrer au Cameroun pour participer à la paix. Ferdinand Ngoh Ngoh a saboté le processus, compromettant ainsi les efforts que nous avions consentis pour ramener durablement la paix dans les régions anglophones du Cameroun.
Dr Success Nkongh









